• Météo maussade

    Pour le fun je remets cet article publié en 2004. Il est à comparer avec ce mois de juillet décrit dans l'article de J.C. M.:

    http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=362125 

    Une météo belge, ni plus ni moins
    G.T.

    Mis en ligne le 16/07/2004
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    Bien qu'un peu humide, le climat en ce début juillet est tout à fait dans les normes.

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    ALEXIS HAULOT

    Ceux qui pensent que le début de ce mois de juillet est décidément anormalement gris ont tout faux. «Les gens s'imaginent que notre climat est ensoleillé; or, ce n'est pas du tout le cas, répète non sans une certaine lassitude Marc Vandiepenbeeck, climatologue à l'Institut royal météorologique. Le climat de la Belgique est un climat maritime tempéré humide. Avoir un été pourri est donc normal dans notre pays.»

    Ainsi, explique le climatologue, la météo du mois de juin a-t-elle été tout à fait normale tant sur le plan des températures, des précipitations que du vent ou de l'ensoleillement. De même, les dix premiers jours de ce mois de juillet n'ont rien de particulièrement exceptionnel. «Sur le plan des températures, pour les dix premiers jours de juillet, on considère qu'il fait anormalement froid si la moyenne se situe en dessous de 15,2° et anormalement chaud au-delà de 19,1°. Or, la moyenne enregistrée pour cette première décade est de 15,4°. C'est donc tout à fait normal.»

    En ce qui concerne les précipitations, Marc Vandiepenbeeck souligne tout d'abord que, contrairement à l'impression que l'on pourrait avoir, il n'a pas plu tous les jours en ce début juillet. «Seule la journée du 7 a été franchement humide puisqu'il est tombé ce jour-là 21,1 litres d'eau au mètre carré.

    Pour le reste, il est tombé 55,7 litres d'eau entre le 1er et le 10 juillet, ce qui est considéré comme anormalement excédentaire, mais cela n'a rien de vraiment exceptionnel. On retrouve de tels niveaux en moyenne tous les 6 ans; il avait, par exemple, davantage plu en 2002.» Même remarque sur le plan de l'ensoleillement. Avec presque 52 heures de soleil durant cette première décade, on reste là encore tout à fait dans les normes. Sans doute notre perception du climat est-elle déboussolée par le très bel été que nous avons connu en 2003.

    Quant aux prévisions à venir, rien de neuf ne s'annonce vraiment sous le soleil... Si ce vendredi devrait quelque peu réchauffer les coeurs, les jours suivants devraient se décliner entre nébulosité variable et risque d'averses

  • Beau temps ! … Vous avez dit « Beau temps » ?

    Chacun de nous a des goûts qui lui sont propres. Il en est de même avec la météo. La notion de beau est donc tout à fait subjective. Ainsi, pour moi, la belle saison est l'hiver ! L'été n'est acceptable que quand on a des journées comme ce lundi 23 juillet. Pour moi, le beau temps est pluvieux, venteux, sans Soleil, avec des coups de tonnerre et le nec plus ultra c'est quand il neige. Et je ne suis pas le seul dans ce cas.
    Le " beau temps " est subjectif et va également dépendre des activités que l'on va faire. Pour ceux qui veulent prendre des bains de Soleil, et accessoirement qui risquent de développer des mélanomes, le beau temps sera plein Soleil et des températures plus qu'élevées. Le sportif sera plus nuancé : pour lui, faire des efforts par temps de canicule n'est pas l'idéal et, à la limite, un voile nuageux n'est pas un problème. Le promeneur préférera le Soleil car les vues sont souvent plus belles quand il brille. Le véliplanchiste sera très déçu si le vent est trop faible ou trop fort. Tandis que l'amateur de vol à voile appréciera la présence de cumulus car il témoigne de la présence d'ascendance thermique qui lui permettra de monter plus haut dans le ciel.  L'agriculteur est le plus difficile pour le temps idéal. En effet s'il faut du Soleil, il lui faut aussi de la pluie. De plus les fortes températures ne sont pas idéales pour les plantes qui risquent de perdre trop d'eau. On dira alors qu'il pleuve la nuit ! Eh non, l'astronome amateur ou professionnel ne sera pas content car il ne peut rien observer. De plus il sera plutôt content quand le temps est déterminé par des masses d'air d'origine polaire, car dans ce cas, l'air est plus pur.
    Beau temps ! Vous avez dit beau temps ?   Comme c'est difficile de satisfaire tout le monde !

     

    749bb7e2dc46fc24f0387e0a24726a03.jpgLes dunes de Saint-Idesbald sous la neige à Noël 2000

    (photo : Marc Vandiepenbeeck)

     

  • Orages ! Oh désespoir !

    La semaine passée Tournai a été sous eau. Ce n’est pas la première fois : les orages avaient fait des dégâts analogues la nuit du 13 au 14 juin 2006 (voir http://www.acara.be/mvdpb/index.php?option=com_content&task=view&id=77&Itemid=204). Le Pays de Galles, le Gloucester et la région londonienne ont également subi des précipitations diluviennes.

    db36994df2e78a8a044fb25d99f84d3c.jpgLes orages sont très souvent accompagnés de dégâts. Une statistique établie au début des années 80 par R. Sneyers montre qu’en Belgique un orage sur trois est accompagné de dégâts.

    Ils peuvent être de quatre sortes : les inondations, le vent, la grêle et les coups de foudre.

    L’orage se forme dans un cumulonimbus. C’est un nuage à très grandes extension verticale : jusqu’à 15 km de haut. De ce fait il peut contenir énormément d’eau. Les pluies peuvent être localement très intenses et les litres d’eau qui tombent en un court laps de temps peut faire monter très rapidement le niveau d’eau dans les rues et les champs.

    L’orage se forme là où deux masses d’air ont des températures fort différentes. Il en résulte des mouvements d’air très violents. Cela peut donner au sol des rafales très intenses : on l’a vu avec des conteneurs renversés dans le port d’Anvers.

    Les mouvements dans le nuage peuvent amener des gouttes d’eau au-delà de l’isotherme de zéro degré. La goutte gèle et forme le grêlon. Dans certains cas, ils peuvent faire plusieurs fois la montée et la descente dans le nuage et à chaque passage inférieur, il capte de l’eau qui va geler à un niveau plus élevé. C’est ainsi que les grêlons peuvent atteindre une taille d’œuf de poule voire d’une balle de tennis.

    Finalement, la foudre peut aussi causer des dégâts quand elle touche le sol ou une habitation. Le plus souvent il s’agit d’électrocution. Ce sont les animaux à quatre pattes qui sont le plus souvent victimes de ce phénomène. Quand l’éclair touche un bâtiment, il peut y provoquer un incendie.

    Comme en Belgique, il y a en moyenne 80 jours d’orages par an, le risque d’observer des dégâts de ces types au cours d’une année est hélas une certitude.

    Un dernier conseil, débranchez vos appareils électriques : un coup de foudre peut les endommager via le réseau électrique ou le câble de télédistribution.  

     

  • Comment nous souvenons-nous des faits météo ?

    Si je vous demande quel était le temps du mois de janvier 2002 ou encore celui de juillet 1997, je ne crois pas que vous pourriez me répondre facilement. Même moi, je dois regarder dans mes archives pour répondre à une telle question.

     Par contre je peux vous dire, sans les regarder, qu’il neigeait le premier mars 1990. Vous aussi, vous pouvez probablement dire quel temps il faisait un jour particulier. Pourquoi ? Quand vous vivez un jour particulier, le temps qu’il fait restera gravé dans votre mémoire. En effet un décès, une naissance, un mariage, … sont des journées particulières et le temps qu’il fait à cette occasion sera plus facilement retenu qu’une journée banale.

    La mémoire populaire va aussi garder souvenir de temps particulier, mais ce ne sera plus le temps d’un jour, mais le temps qu’il fait sur une plus longue période. L’exemple le plus net est le temps qu’il a fait en 1976. En effet, il y a eu plusieurs situations qui ont fait que cette année fut mémorable : il y a eu la longue période de sécheresse qui s’est traduite par des restriction d’eau, ensuite il y a eu cette très longue canicule : à Uccle on a eu 15 jours consécutifs avec des maxima supérieurs à 30 °C. La longue période de pluie de juin-juillet 1980, qui s’est terminée avec ses images de caravanes qui se fracassaient sur les ponts de la Lesse, a aussi marqué les mémoires.

     Finalement, le temps dont on se souvient n’est pas le temps que l’on vit au jour le jour et encore moins le temps que l’on espère.

     

  • La météo dans Simenon

    Dans les Maigret ainsi que dans la plupart de ses romans, Simenon donne le temps qui baigne son récit. Cela fait souvent partie de l’ambiance. Les descriptions sont généralement courtes et les expressions les plus fréquentes sont : un temps poisseux, un ciel glauque, de la bruine, un temps très chaud pour la saison, un temps lourd dont l’orage attendu éclate au dénouement, une Meuse qui est prête à déborder…

    Voici deux extraits. Le premier est tiré de « Maigret et les braves gens », écrit en 1961.

    C’est la fin de l’été, il fait encore chaud, mais on sent que l’automne n’est pas loin.

     

    Avait-il plu longtemps pendant la nuit ? Maigret n'en savait rien mais il était bien content de trouver en s'éveillant les trottoirs noirâtres avec des parties encore luisantes où se reflétaient de vrais nuages, pas les petits nuages légers et roses des jours précédents : des nuages aux bordures sombres, lourds de pluie.

     

    Dans le second extrait, issu de « Maigret et le clochard », écrit en 1962.

     

     

     

    ‑ La Seine reste haute, remarqua Lapointe, qui n’avait encore rien dit.
    C’était vrai. Depuis un mois, c’est à peine s’il cessait parfois de pleuvoir pendant quelques heures et presque chaque soir la télévision montrait des rivières en crue, des villes et des villages où l’eau déferlait dans les rues. Celle de la Seine, jaunâtre, charriait des détritus, des vieilles caissse, des branches d’arbres.

    Le hasard veut que j’étais en train de lire cet ouvrage alors que la Somme connaissait de graves inondations en 2001. Le texte que je cite était tout à fait d’actualité alors que cela avait été écrit quarante ans plus tôt.

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    Crue de la Meuse en janvier 1995 (Photo Marc Vandipenbeeck)