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    La Mer d'Aral, 2000-2008, un désastre écologique

    a5d360bce09cc74a832ea584622449cf.jpg

    Source NASA

    À l'époque soviétique, un plan, ayant pour but de transformer les plaines arides du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan et le Turkménistan en terres agricoles fertiles, a abouti au détournement de la quasi-totalité de l'eau qui alimentait la mer d'Aral.  Avant ce programme, deux cours d'eau, l’Amudar'ya dans le sud et le Syrdar'ya dans le nord, venaient des montagnes lointaines et mettaient leurs eaux en commun dans le bassin désertique de la mer d’ARAL dans ce qui est maintenant le sud du Kazakhstan et le nord de l'Ouzbékistan. Le projet d'irrigation a débuté dans les années 1950, et en 1960, la mer avait déjà commencé à sécher.

    L'image satellite encouleur naturelle montre la mer d'Aral, le 16 août 2008. Les lignes de contour de couleur montrent approximativement les limites des rives de la mer depuis l'an 2000. L'image provient de l'instrument MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer) embarquésur le satellite de la NASA Aqua. Les lignes de contour sont fondées sur des données MODIS des satellites Aqua et Terra. L'image montre l'état d'avancement d'un plan de réhabilitation pour stabiliser la mer d'Aral du Nord et réduire le déclin continu de la mer d'Aral du Sud. Les eaux profondes et claires sont en bleu foncéet les  eaux peu profondes sont verdâtres.

    Un barrage sépare le nord et le sud de la mer, ce qui permet à l'écoulement du Syrdar'ya de recharger la partie nord de la mer d'Aral. Pendant ce temps, la partie méridionale de la mer d'Aral continue à se dessécher. Ce lac méridional s’est scindé en deux lobes, un occidental et un oriental. Le basin de l'Est s’assèche plus rapidement. Les bords du lac de couleur claire sont de sédiments salés qui sont formés  par des tempêtes de poussière. Les sédiments lacustres contiennent également des résidus de produits chimiques agricoles et d'autres polluants, qui sont à la base de nombreux problèmes de santé publique.

    L’assèchement du lac a profondément modifié le climat régional. Auparavant, le grand lac a contribué à stabiliser cette zone de climat continental, climat qui montre de grandes variations saisonnières des températures. Par comparaison avec des endroits de même latitude, les régions soumises à des climats continentaux ont des étés plus chauds et des hivers plus froids, ils sont également plus secs. Avec la disparition de la mer d’Aral, les étés sont devenus encore plus chauds, les hivers sont beaucoup plus froids et en outre le climat est devenu extrêmement sec.

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    La culture du riz en Guinée-Bissau

    La Guinée-Bissau, petit pays situé le long de la côte ouest africaine, abrite une population d'environ 1,6 millions de personnes, dont la plupart est employée dans l'agriculture. La faible densité de la population de ce pays limite les impacts sur l'environnement, mais l'agriculture a néanmoins réduit en Guinée-Bissau l’espace occupé par des forêts de mangroves, selon un rapport publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

    La plus grande partie de la Guinée-Bissau est consacrée à la culture du riz. Le plus important groupe ethnique du pays, les Balantes, a commencé la culture du riz paddy à la fin du XVIIe siècle. Au nord de la capitale de Bissau, la culture du riz a transformé le paysage le long de deux fleuves côtiers, la rivière Mansôa (photo) et la rivière Gêba. L’image de la région a été acquise le 2 décembre  2006 par l’instrument Enhanced Thematic Mapper Plus (ETM+) sur le satellite Landsat de la NASA 7.

    708a0c6a2c0144de2ee9a1ffe4acbda3.jpgPour développer les rizières, les agriculteurs doivent couper à travers la forêt de mangroves et érigent des digues de boue qui restreignent les marées océaniques. Or les mangroves ont besoin du contact avec l'océan pour survivre, de sorte qu'elles meurent rapidement à la suite de ce remaniement de l’environnement. Les agriculteurs préparent le terrain par en y mettant le feu. Dans l'image, les mangroves apparaissent comme des bandes de couleur vert foncé le long des berges du cours d'eau Mansôa. Les domaines de culture intensive du riz en bordure de la mangrove apparaissent comme des zones gris pâle.

    En dépit des répercussions négatives de l'agriculture sur les mangroves, la Guinée-Bissau fait des progrès vers la protection de la nature par d'autres moyens. Le pourcentage de superficie protégée est passé de 3,2 pour cent en 1990 à 7,3 pour cent en 2000 et persiste encore à ce niveau cinq ans plus tard. Pendant la même période, les émissions de dioxyde de carbone sont passées de 0.2056 à 0.1752 tonnes par an.

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    Assèchement du lac Faguibine au Mali

    4c3908ea4dc9dd714029baeb4363520c.jpgAvec plus de 13 millions d'habitants, le Mali s'étend entre le Sahara au nord et le Sahel dans le sud. Il n’y a que 3,8 pour cent de la superficie du pays qui sont arables et l'utilisation accrue des ressources naturelles associée à une sécheresse prolongée ont conduit le pays vers la désertification, selon un rapport publié par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

     Un exemple de l'aridité croissante au Mali apparaît dans le lac Faguibine. Les fausses couleurs des images prises par le satellite Landsat du lac montrent comment il a évolué au fil des décennies. L’image du haut est élaborée à partir des observations acquises entre le 3 janvier 1974 et le 26 décembre 1978. L'image du  bas est construite à partir des observations acquises entre le 17 mars 2005 et le 28 septembre 2006. Réalisées avec une combinaison de clichés pris en lumière visible et infrarouge, les images montrent la végétation en rouge, l’eau en bleu foncé et le sol nu dans les tons beige et gris.

    Situé à la fin d'une série de bassins arrosés par le fleuve Niger qui les alimente, le lac Faguibine a connu d’importantes fluctuations du niveau d'eau depuis le début du vingtième siècle. À son maximum, il était classé parmi les plus grands lacs en Afrique de l'Ouest. En 1974, ce lac couvre environ 590 km². À partir de la fin des années 1980, une baisse des précipitations a asséché progressivement le lac. À la fin des années 1990, le mode de vie traditionnel de la pêche, l'agriculture et l'élevage du bétail est devenu impraticable. Malgré la reprise des précipitations à partir de l'année 2000, le lac reste pratiquement sec.

    Source : NASA

  • Images remarquables

    Inondations en Europe de l'Est

     

    5f0beacf79a02ee964874d34487e2e4c.jpg Le radio spectromètre MODIS sur le satellite Terra de la NASA a pris cette image d'inondations le long de la rivière Siret à l'est de la Roumanie le 29 juillet 2008. Remplie de sédiments, l'eau des inondations, qui a  enflé la rivière, est en bleu clair dans l’image de gauche en fausse couleur. L'eau claire est en noir ou en bleu foncé, comme on l'a vu dans le cliché qui a été pris avant l'inondation à droite dans le montage. Les deux images ont été créées avec une combinaison d’images prises dans l'infrarouge et dans la lumière visible pour augmenter le contraste entre l'eau et le paysage environnant. La végétation est en vert, alors que la terre dont le couvert végétal est faible est en brun.

    Les inondations sont causées par de fortes pluies, qui sont tombées sur le nord de la Roumanie à la mi-Juillet. Les niveaux des rivières Siret et Prut (les cours d'eau qui forment  la frontière avec l'Ukraine, au nord de la zone montrée sur cette image) étaient à leur plus haut niveau depuis 200 ans, a indiqué l’agence Reuters le 29 juillet. Les inondations ont forcé 13000 personnes à quitter  leurs maisons et ont causé quatre morts selon les déclarations de l'agence Reuters. Les pluies sont également à l’origine des inondations en Ukraine. Ces dernières sont visibles sur le site de la NASA.

  • Tornades et médias

    556af7cb44b5f56e2d6e43379a7c2e54.pngDans la nuit de dimanche à lundi une tornade a sévi entre Haumont et Assevent en passant par Maubeuge dans le nord de la France (département du Nord). Les médias continuent à appeler ce phénomène mini-tornade. Ce terme qui a fait son apparition il y a une vingtaine d’année n’a aucune signification et n’a pas sa place dans les dictionnaires.
    De plus ce terme a été utilisé pour la tornade d’Haumont. Lorsque j’ai vu les premières images, j’ai pensé que c’était une F3 si pas une F4. Ces termes qualifient l’intensité des tornades dans une échelle établie par Fujita (voir tableau).

     

    Échelle

     

    Vitesse du vent (km/h)

     

    Dommages

     

    Remarques

     

    F0

     

     Inférieure à 115

     

    Léger

     

    Branches cassées ou cheminées légèrement endommagées

     

    F1

     

    116-179

     

    Moyen

     

    Tuiles arrachées, voitures légèrement déplacées

     

    F2

     

    180-251

     

    Fort

     

    Toitures arrachées, arbres cassés ou décapités, déplacements d’objets légers

     

    F3

     

    252-330

     

    Sévère

     

    Maison partiellement détruite, mur partiellement détruits, déraillement de trains, déplacement de véhicules.

     

    F4

     

    331-416

     

    Très sévère

     

    Maisons détruites, arbres cassées, objets lourds déplacés sur de grandes distances

     

    F5

     

    Supérieure à 417

     

    Destruction totale

     

    Destruction totale des maisons, objets devenant des projectiles perforants.

     

     

    Comme on le voit sur ce cliché pris par un collègue, les voitures ont même été soulevées ; selon les témoignages, une autre a été déplacée sur plus de 500 m. Localement, les destructions correspondent à une tornade de force 4 sur l’échelle de Fujita.

     

    Malheureusement elle a fait des victimes dont 4 morts. On ne peut vraiment pas utiliser le terme mini-tornade, terme qui devrait être proscrit du vocabulaire.

     9911d727899adfba40d2f6dc7c79b108.png

    Photo Karel Holvoet, source : Analyse de la tornade à Haumont – Maubeuge, 3 août 2008 (Karim HAMID, IRM).