Pourquoi les glaciers fondent-ils de plus en plus vite ?

Ces derniers jours, on a fait mention d’études qui montrent que les glaciers fondent de plus en plus vite. Pourquoi ?

Le système climatique est extrêmement complexe et, quand un élément de ce système varie, il entraîne la modification d’autres éléments dans son sillage.

Un glacier est en général en équilibre tant que la température ou les précipitations ne varient pas. Sa surface est en général très claire : blanc en cas de neige fraîche, un peu plus sombre quand un certain temps s’est écoulé depuis les dernières précipitations. Quand l’énergie du Soleil, énergie qui nous est apportée sous forme de rayonnement visible, arrive au sol une partie est réfléchie et retourne dans l’atmosphère, l’autre partie est absorbée par la surface et convertie en chaleur. Cette proportion qui est réfléchie s’appelle l’albédo.

L’albédo varie selon la nature (et la couleur) de la surface. Au plus la surface est claire et blanche, au plus l’albédo est élevé. De la neige fraîche renvoie plus de 90% de l’énergie incidente alors que la mer en renvoie très peu. Dans le tableau suivant, vous trouverez les valeurs de l’albédo en fonction de la nature de certains sols.

Type de surface

Albédo (0 à 1)

Surface de lac

0,02 à 0,04

Forêt de conifères

0,05 à 0,15

Surface de la mer

0,05 à 0,15

Sol sombre

0,05 à 0,15

Cultures

0,15 à 0,25

Sable léger et sec

0,25 à 0,45

Calcaire

environ 0,40

Glace

environ 0,60

Neige tassée

0,40 à 0,70

Neige fraîche

0,75 à 0,90

Miroir parfait

1

 

Les glaciers ont un albédo relativement élevé : généralement supérieur à 60 %. Si la température augmente (sans modification d’apport de précipitations solides) l’équilibre change et la glace, notamment sur le front du glacier, fond entrainant son recul.

En reculant, la marge du glacier change la nature du revêtement du sol en passant de glace à roche. Ce changement s’accompagne d’un changement d’albédo : ce dernier diminue de façon relativement importante. Il passe à une valeur de l’ordre de 5 à 35 %. Il en résulte une augmentation de la température dans la zone libérée par le glacier. Ceci engendre une rétroaction positive qui va amener un nouveau recul du glacier. C’est la partie la plus spectaculaire du recul du glacier.

Des images satellitaires montrent un retrait important de la plupart des glaciers avec parfois disparition complète de la glace du glacier. L’inverse est aussi vrai, si la température diminue, le glacier va croître.

Les deux photos suivantes, prise par satellites de la NASA, montrent l’importance du retrait des glaces du Kilimandjaro entre 1993 et 2000. On y voit également très bien le changement de couleur.

Kilimanjaro_glacier_retreat.jpg

La partie moins spectaculaire est la diminution de l’épaisseur du glacier. L’augmentation de la température à la surface du glacier, en devenant positive en été, amène, à la surface du glacier, une pellicule d’eau qui provoque une baisse de l’albédo. Les glaciers sont généralement en pente et cette eau s’écoule et quitte le glacier. La succession des phases de gel et dégel entraine une ablation qui peut être plus importante que les phases d’apport de neige qui se serait transformé progressivement en glace. Si l’ablation est plus importante que l’apport de neige, le glacier s’amincit et, si en même temps l’apport diminue, on a un phénomène qui s’accélère. C’est le cas notamment sur une grande partie du Groenland, du Svalbard ou encore sur les glaciers andins ou himalayens.

Dans ces dernières régions, le recul des glaciers est très préoccupant, car ce sont les réserves d’eau potables qui disparaissent.

Les commentaires sont fermés.