été - Page 2

  • Quelques définitions

    Avec le temps chaud et ensoleillé que l’on connaît depuis quelques jours et qui, selon les prévisions, va se maintenir ce week-end prolongé, il me semble utile de rappeler quelques définitions que l’on utilise en climatologie.

    Avec la saison estivale qui démarre, on parle de jours d’été. En Belgique, un jour d’été est un jour où la température maximale a atteint ou dépassé 25°C. Un jour de forte chaleur ou de canicule est un jour où la température la plus haute est égale ou supérieure à 30°C.

    Depuis 2003, on a décidé de donné une définition à une vague de chaleur. L’OMM donne pour une vague de chaleur : « une vague de chaleur est un réchauffement important de l'air ou une invasion d'air très chaud sur un vaste territoire, généralement de quelques jours à quelques semaines ». Le problème est qu’elle est imprécise car cette notion implique des extrêmes qui ne sont pas les mêmes pour les différentes régions du monde. Un même maximum de 35°C n’a pas la même fréquence en Belgique ou en Inde ou encore dans un climat méditerranéen. Une définition locale est nécessaire. Aux Pays-Bas, ils ont établi une définition qui nous semblait tout à fait acceptable pour la Belgique, notre climat n’étant pas foncièrement différent de leurs conditions climatiques.

    La définition climatologique d’une vague de chaleur est : « une période d'au moins cinq jours consécutifs avec une température de 25°C ou plus à Uccle et comprenant au moins trois jours avec 30°C ou plus. »

    Le mot canicule vient du latin canicula qui signifie petite chienne. C’est aussi l’autre nom donné à Sirius, l’étoile principale de la constellation du Grand Chien. C’est une étoile très brillante qui servait de référence dans les civilisations antiques. La période de canicule au temps des égyptiens était la période où cette étoile se levait et se couchait en même temps que le Soleil. C’était aussi la période la plus chaude de l’année. De ce fait, on lui a attribué dans le langage courant les moments de forte chaleur.

  • Les saisons des inondations

    Les inondations peuvent se produire à n’importe quelle période de l’année. Il y a cependant des nuances à apporter en fonction des régions climatologiques et du régime pluviométrique de cette région. Dans les régions tempérées, les inondations liées aux passages successifs de dépressions se produisent le plus souvent durant la période hivernale (novembre à avril). Mais des situations hivernales peuvent se produire en été. C’est ainsi qu’en Belgique, il a pratiquement plus tous les jours du 9 juin au 20 juillet 1980. À la fin de cette période, il y a eu des débordements de rivières en Ardenne. Beaucoup se souviennent des caravanes qui venaient s’écraser sur les ponts à Han-sur-Lesse. Un épisode analogue a eu lieu en juillet 2003. En été, c’est cependant les orages qui sont la principale cause des crues. Leur caractère local donne des inondations sur une surface relativement réduite, mais elles peuvent être très spectaculaires comme ce fut le cas le 24 août 1987 dans la vallée de la Biesme près de Charleroi.
    Dans les autres régions climatiques, les inondations dépendent fortement du régime des précipitations. Dans le sud de la France et le nord de l’Italie, les inondations les plus importantes ont lieu en automne. L’origine de ces crues sont des épisodes méditerranéens. Des pluies très intenses peuvent donner des quantités très importantes d’eau en très peu de temps comme ce fut le cas à Vaison-la-Romaine en septembre 1992. Des pluies de plus de 200 mm sur le bassin de l’Ouvèze ont provoqué sa crue causant le décès de 37 personnes.

  • Les inondations causées par des orages

    Les orages résultent d’une forte instabilité de la masse d’air dans laquelle ils se produisent. Cette instabilité est favorable au déclenchement de la convection thermique entraînant au sein de la masse d’air une ascendance pouvant atteindre plus de 10 km de hauteur. Cette convection peut se produire lors du passage d’un front froid dans l’air chaud qui se retire sous la poussée de l’air froid qui le suit. Elle peut aussi se former lors du passage d’une ligne de grains qui est une discontinuité observée dans l’air instable qui circule autour d’une dépression. Enfin, durant la période estivale, la convection peut être déclenchée par le réchauffement diurne d’une masse d’air instable stagnant dans une zone à faible relief barométrique ou d’origine maritime ou tropicale humide en mouvement vers nos régions.

    Bien que la période la plus favorable va d’avril à septembre , on peut en observer également en hiver.

     

    Une cellule orageuse fait en moyenne une vingtaine de kilomètres de diamètre et, vu l’extension verticale du cumulonimbus, le nuage d’orage peut contenir une très grande quantité d’eau en son sein. Il s’ensuit que les précipitations dans un phénomène orageux peuvent être localement extrêmement intenses. Il n’est pas rare que des centaines de litres d’eau au mètre carré tombent en quelques heures voire moins.

    Ainsi à Foc Foc dans l’île de la Réunion, il est tombé 1853 mm en 24 h en janvier 1966 lors du passage du cyclone tropical Denise. En Belgique, sur la même période de temps, on a relevé 168 mm à Braschaat le 15 septembre 1998 alors qu’en 15 minutes, il est tombé 51,2 mm à Voeren le 5 juillet 1985. Lors de la crue de l’Ouvèze, le 22 septembre 1992 à Vaison-la-Romaine, il est tombé en moins de 4 heures entre 300 et 140 mm en amont de la ville. Fin novembre 2001, un violent orage provoqua des pluies torrentielles causant une inondation catastrophique à Bab el Oued où l’on dénombra plus de 750 morts.

    De telles quantités en un aussi court laps de temps provoquent un ruissellement très important. Le sol n’a pas le temps d’absorber cette eau qui s’accumule rapidement dans les parties les plus basses du relief provoquant le débordement soudain des cours d’eau. Ces crues rapides sont souvent imprévisibles et sont à l’origine de dégâts importants et c’est dans ce type d’inondations que l’on compte le plus grand nombre de victimes.

  • Eté 2007, bilan définitif

    UCCLE Eté 2007

    Eté

    Température

    Précipitations

     

    °C

    l/m²

    juin-07

    17.5

    99.2

    juil-07

    17.2

    96.7

    AOUT 2007

    17.2

    56.9

    Eté2007

    17.3

    252.8

    Caractéristiques

    a

    n

    Normales

    16.5

    216.1

    Les 5 étés les ..

    plus chauds

    moins arrosés

    premier

    19.7 (2003)

    42.9 (1921)

    deuxième

    19.2 (1976)

    89.4 (1885)

    troisième

    19.0 (1947)

    99.2 (1949)

    quatrième

    18.9 (2006)

    101.2 (1955)

    cinquième

    18.8 (1983)

    103.0 (1857)

    Les 5 étés les ..

    moins chauds

    plus arrosés

    premier

    13.9 (1841)

    364.8 (1992)

    deuxième

    14.2 (1860)

    360.2 (1850)

    troisième

    14.3 (1907)

    355.9 (1888)

    quatrième

    14.4 (1844)

    348.4 (1980)

    cinquième

    14.4 (1956)

    340.9 (2002)

     

     

     

    Eté

    Jours de précipitations

    Insolation

     

    jours

    heures

    juin-07

    19

    130

    juil-07

    18

    178

    AOUT 2007

    13

    151

    Eté2007

    50

    459

    Caractéristiques

    n

    ta

    Normales

    48

    585

    Les 5 étés les ..

    moins pluvieux

    plus ensoleillés

    premier

    18 (1835)

    825 (1947)

    deuxième

    22 (1865)

    818 (1976)

    troisième

    23 (1976)

    812 (1959)

    quatrième

    24 (1887)

    759 (1911)

    cinquième

    26 (1989)

    748 (1949)

    Les 5 étés les ..

    plus pluvieux

    moins ensoleillés

    premier

    68 (1860)

    404 (1888)

    deuxième

    67 (1977)

    407 (1977)

    troisième

    65 (1916)

    425 (1981)

    quatrième

    65 (1980)

    426 (1956)

    cinquième

    64 (1974)

    428 (1980)

  • Eté normalement pourri !

    Nous voilà à la fin de l’été. Alors que beaucoup de gens ont la sempiternelle expression « L’été est pourri » à la bouche, les chiffres sont sans appel : tout est normal !
    Le titre du journal Le Monde, « L'été humide s'explique par les caprices de l'anticyclone des Açores » est correct. Encore faut-il pouvoir expliquer pourquoi l’anticyclone a été capricieux. L’anticyclone des Açores est resté relativement dans une position méridionale, laissant de ce fait la place libre aux dépressions. Ces dernières ont normalement une position plus proche du cercle polaire que nos latitudes en été. Plus particulièrement, des dépressions ont élu domicile sur la Grande Bretagne et c’est la France qui a subi d’une manière générale des précipitations relativement importantes : selon Météo France, dans plusieurs stations, des records de pluviosité ont été observés en juillet et pourraient être observés en août.
    À Uccle, les valeurs de cet été sont proches de la normale. Le tableau suivant reprend les valeurs de l’été 2007 (moyenne ou totaux au 27 août 2007 inclus) ; les normales et les records avec l’année. Les valeurs des précipitations sont normales. La température est excédentaires par rapport à cette normale et cet excès est caractérisé d'anormal c'est-à-dire qu'il se reproduit en moyenne une fois tous les 6 ans. Le déficit de l'insolation est quant à lui caractérisé de très anormal, soit une période de retour d'une fois tous les 10 ans.
    Moyenne ou total
    Normale
    Température
    17,3°C
    16,5°C
    Soleil
    454 h
    585 h
    Précipitations
    253 mm
    216 mm
    Nombre de jours de pluies
    50 j.
    48 j.
    Record +
    Année
    Température
    19,7°C
    2003
    Soleil
    825 h
    1947
    Précipitations
    364.8 mm
    1992
    Nombre de jours de pluies
    68 j.
    1860
    Record-
    Année
    Température
    13,9°C
    1841
    Soleil
    404 h
    1888
    Précipitations
    42,9 mm
    1921
    Nombre de jours de pluies
    18 j.
    1835
    Finalement cet été n’est pas aussi mauvais qu’on voudrait nous le faire croire. Ce n’est pas le grand beau temps avec ces vagues de chaleur. On est loin des drames qui frappent la Grèce et même si on a eu quelques épisodes avec des inondations, on est de loin de vivre les situations dramatiques qui ont été vécues en plusieurs points du globe.