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  • Les moussons


    moussons.png Le climat des moussons fait également partie des climats équatoriaux. Il est symbolisé Am dans la classification de Köppen, le m faisant référence à ce régime particulier de précipitations. Ces précipitations sont à l’origine des importantes inondations qui sévissent au Pakistan et en Chine. Le schéma de circulation générale subit dans l'hémisphère nord une exception très importante, qui concerne principalement l'Inde et l'Asie du sud-est. Cette exception est due à la présence de l'immense continent eurasien.

    En hiver, cette immense masse continentale se refroidit de façon très importante, engendrant un anticyclone très puissant. Le déplacement des masses d'air autour de cette grande zone de haute pression amène sur ces régions des vents du nord-est, extrêmement secs. De novembre à mai il ne pleut pratiquement pas. C'est la mousson d'hiver.

    En été, le continent se réchauffe très fort créant une dépression. Les vents sont alors orientés au sud-ouest. Venant des régions chaudes de l'océan Indien, ces vents amènent des précipitations extrêmement importantes. Cette période pluvieuse débute généralement en juin et se termine en octobre en Inde. Elle va de juillet à novembre-décembre dans l'Asie du sud est. Durant cette période, il peut pleuvoir en un mois ce qui tombe habituellement en un an sur nos régions (voir graphique) - à Uccle, il tombe en moyenne 780 l/m² par an.

    Le diagramme de Bombay montre bien ce régime de pluies de mousson alternant à une période de sécheresse. En Inde, les pluies commencent en juin. Mais au fur et à mesure que l'on se déplace vers l'est, le début des pluies se décale vers l'automne.

    Les quantités d'eau recueillies en période de pluies sont considérables. En un mois il tombe pratiquement autant (si pas plus) qu'en une année au Littoral belge. S'il tombe en un mois le quart de ce qui tombe en juillet à Bombay, nous considérerons que nous avons un été pourri accompagné en outre d'inondations comme ce fut le cas en juillet 1980. En revanche en Inde, s'il tombe cette même quantité en juillet ou en août, cette situation serait qualifiée de sécheresse catastrophique avec des récoltes extrêmement mauvaises conduisant à des situations de famines. "Relativité des choses" dans un pays qui lutte pour survivre en comparaison avec notre civilisation de loisirs.

    Le régime des températures est très analogue à celui de la subdivision Aw avec un maximum au début de la saison des pluies et une période "froide" durant la période sèche. C'est durant cette période qu'il est préférable de visiter ces contrées car le temps y est plus supportable du fait des températures et des conditions d'humidité de l'air.

    Ce type de climat conduit à une flore particulière qui doit s'adapter à cette alternance de périodes sèches et pluvieuses. Le riz est le type même de culture adaptée à ce climat.

     


     

     

  • Un bilan du mois de mai qui interpelle

    Lorsqu’on examine le bilan climatologique de mai 2010, on constate que les extrêmes sont anormaux ou très anormaux alors que la moyenne des températures est normale. Certains d’entre vous s’en étonnent. En fait, il y a plusieurs raisons à cela : les valeurs obtenues sont différentes en fonction des méthodes d’observation ou de calcul utilisées; les périodes d’observations ne sont pas les mêmes ; la longueur dans le temps des observations n’est pas identique et enfin la variabilité des séries est également différente.

    La température moyenne est calculée avec des valeurs prises toutes les 2 heures entre 0 h et 24 h (temps universel). Les extrêmes sont pris sur une période légèrement décalée : ils sont pris entre 8 h la veille et 8 h (temps local) du jour d’observation. Ce sont des valeurs ponctuelles qui correspondent à un moment de la journée tandis que la moyenne intègre une évolution de la température tout au long de la journée.

    En outre, la série des températures moyennes couvre la période qui débute en 1833 et celles des extrêmes mensuels (abri fermé) commencent en 1968. Les deux périodes de calcul sont différentes et peuvent amener les valeurs extrêmes à posséder une caractéristique différente de la température moyenne.

    La variabilité de la série va également intervenir dans le calcul de la période de retour qui sert à déterminer la caractéristique de la valeur. Cette valeur dépend d’un paramètre statistique d’échelle : l’écart-type. Pour la série des températures minimale, moyenne et maximale du mois de mai, on a respectivement pour le mois de mai un écart-type de 1,25°C (min.), 1,68°C (moy.) et 1,85°C (max.). Ce n’est donc pas l’écart à la moyenne qui intervient mais il faut aussi tenir compte de la variabilité de la série temporelle.

    Définitions des niveaux d'anormalité

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  • Climat et volcan

    Les éruptions volcaniques peuvent émettre une relativement grande quantité de matière dans l’atmosphère qui va interagir avec le rayonnement solaire et entrainer une modification temporaire des températures.

    Plusieurs facteurs vont intervenir. En premier lieu, le type d’éruption. Il y a deux grands types d’éruption selon le genre de volcans : les « volcans rouges » et les « volcans gris ». Les volcans rouges ont des éruptions effusives relativement calmes et émettent des laves fluides. Les  volcans gris ont des éruptions explosives et émettent des laves pâteuses et des cendres sous la forme de nuées ardentes ou de coulées pyroclastiques et de panaches volcaniques. Ce sont les éruptions des volcans gris qui vont avoir le plus d’influence sur notre climat.

    Le deuxième facteur est la force de l’éruption. Comparée à l’éruption du Tambora en 1815, celle du Mont-Saint-Helens est relativement faible mais a néanmoins eu un impact sur le climat de la Terre. Celle du Tambora fut tellement importante que l’année 1816 fut appelée « l’année sans été ». Les éruptions du Krakatoa et du Pinatubo furent également très importantes avec une influence sur les températures de la Terre sur plusieurs années. On peut voir l’influence du Krakatoa dans le graphique de la température moyenne annuelle De Bruxelles-Uccle.

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    Les mécanismes qui engendrent cette perturbation climatique sont complexes. Il y a des réflexions sur les particules solides, de la diffusion, des réactions chimiques de certains gaz qui en se combinant avec d’autres éléments de l’atmosphère créent des particules qui modifient l’albédo de l’atmosphère (l’albédo est la quantité de rayonnement qui est réfléchi par une surface ; au plus elle est blanche, au plus cette réflexion sera grande). D’autres gaz modifient le bilan radiatif de la terre en piégeant l’infrarouge (gaz à effet de serre).

    La durée de cette perturbation sera également variable dans le temps selon la quantité de matière émise par le volcan ainsi que la hauteur maximale atteinte par le panache.

    On observe également un autre phénomène climatique : les particules solides émises par les volcans peuvent modifier les précipitations. Ces particules vont jouer le rôle de noyaux de condensation et la vapeur d’eau se condensera plus facilement et engendrera un nuage plus rapidement qu’en l’absence de ces particules. Dans certains cas, cela peut aussi donner une coloration rougeâtre à la pluie. Ce fut, sans doute, le cas après l’éruption du Santorin en mer Égée : la pluie de sang invoquée dans les plaies de l’Égypte pourrait avoir son origine dans le nuage volcanique créé suite à l’explosion du Santorin. Selon moi, la période très pluvieuse en juin-juillet 1980 pourrait être une conséquence de l’éruption du Mont Saint-Helens.

    Une autre conséquence sera la coloration du ciel qui va être modifiée suite à la présence de matière dans la haute troposphère. La couleur du ciel lors des levers et couchers de Soleil ne va plus être orangée mais d’une teinte plus violacée.

    L’éruption du volcan islandais Eyjafjallajokull pourrait être utile pour différentes études de ses conséquences sur notre climat et ainsi élargir nos connaissances dans ce domaine.

     

     

     

     

  • 12 jours pour le climat

    À l’occasion du sommet de Copenhague, on entend pas mal d’expressions erronées comme « une réunion pour lutter contre le changement de climat ». Le climat est une interaction complexe entre la source d’énergie sur la Terre (le Soleil) et la planète Terre composée de continents, d’océans et pourvue d’une atmosphère. Si le climat change, c’est que quelque chose a changé dans l’équilibre des ces différentes interactions.

    « L’homme est l’animal le plus sale de la terre ». En effet, il salit l’eau (rivières et océans), les sol et sous-sol et l’atmosphère. En plus des conséquences néfastes sur notre santé, la faune et la flore, on observe des retentissements sur le climat par un changement dans les quantités de gaz à effet de serre dans notre atmosphère. Cette modification perturbe l’équilibre des échanges énergétiques au niveau de l’atmosphère. L’augmentation de certains gaz comme le CO2, le méthane, le protoxyde d’azote, … a modifié le bilan au niveau des infrarouges qui sont émis par le sol et qui sont piégés par ces gaz : ce qui provoque une élévation de la température.

    Le but de la réunion de Copenhague est d’arriver à limiter le réchauffement de la Terre à un maximum de 2°C. Cela doit passer par une limitation drastique de notre pollution de l’air. Les gaz à effet de serre ont une durée de vie relativement longue dans l’atmosphère notamment 50 à 120 ans pour le CO2. Il en résulte que même une nette diminution de l’émission de ce gaz dans l’atmosphère n’aura d’effet qu’au plus tôt dans cinquante ans ! Il est donc urgent d’agir et d’agir fort.

    Pourquoi une limitation à un réchauffement de 2°C ?

    Les dernières études des scientifiques compilées et synthétisées par le GIEC montrent qu’une augmentation de plus de 2°C en moyenne sur toute la Terre aura des conséquences majeures pour notre planète. Sur le site http://www.agirpourlaplanete.com/ vous trouverez les raisons pour lesquelles on doit faire en sorte que le réchauffement de la Terre ne dépasse pas les 2°C.

    Personnellement je ne suis pas très optimiste quant aux résultats de cette réunion mondiale. Quand on voit qu’en de nombreux endroits, il est difficile de s’entendre à 2, comment rallier 192 pays à une position commune qui soit suivie d’effets rapides ? Je ne vois pas tous les pays et les ONG arriver à contrer les puissances économiques qui dirigent vraiment le monde. Et pourtant il faudrait y arriver. Le point le plus positif à l’heure actuelle est la présence d’Obama à ce sommet.

  • Quand le temps pluvieux et gris vient de l’Est

    Avec la circulation générale qui détermine les déplacements moyens des masses d’air sur la Terre, le temps habituel qui module notre climat vient de l’ouest. À l’ouest de notre pays, se trouve l’océan Atlantique avec comme conséquence que la majorité des masses d’air qui viennent de là sont humides. Bien entendu, ces situations moyennes connaissent des exceptions et toutes les situations atmosphériques sont possibles.

    Ainsi, depuis quelques jours, les masses d’air qui influencent notre temps sont associées à un anticyclone qui s’étend depuis l’ouest de l’Écosse jusqu’à la Baltique. Il en résulte des courants de Nord-Est qui devraient être continentaux. Mais une dépression, actuellement située sur la France, a circulé sur le flanc sud de cet anticyclone en se déplaçant depuis la Pologne vers sa situation actuelle. Elle nous amène des courants humides donnant des pluies ces lundi et mardi.

    Si le risque de pluie qui a sévi lundi et mardi a diminué ce mercredi, ce ciel reste couvert comme l’image de la webcam d’Uccle nous le montre.

     

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    Cette situation n’est pas fréquente et avec ce type de situation atmosphérique, on a généralement un temps sec, chaud en été et très froid en hiver. Mais la nature ne suit pas nos clichés. Elle est !