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  • Le climat belge, ce méconnu !

    À plusieurs reprises, en discutant de la météo, je me rends compte que l’on a une très mauvaise idée de notre climat belge. En fait, les gens se le représentent par des clichés qui sont erronés. Et pourtant les dictons sont là pour nous rappeler la sagesse des anciens.

    Ainsi hier, je montrais les normales des températures du mois d’avril et mon interlocuteur contestait de manière véhémente la réalité de ces chiffres. Pour lui, il doit faire plus chaud en avril. Et de lui répondre qu’on est au printemps, pas en été, rien n’y fait, le printemps doit être une belle saison ! Pourtant le dicton, « En avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qu’il te plait » nous met bien en garde contre la fraicheur qui peut caractériser ce mois, même si de temps en temps il fait beau et doux. Ce fut le cas des vacances de Pâques 1969, où à un moment donné, on pouvait se promener en courtes manches sur la digue de la côte belge et quelques jours plus tard, la température chutait fortement et les routes étaient couvertes de neige ! Le 29 mars de cette année, la température était de 20,5°C et le 3 avril au matin, la température était négative (‑0,8°C à Ostende au bout de l’estacade).

    Dans les cours de géographie, il y a une très belle définition de notre climat : le climat de la Belgique est tempéré maritime à hiver doux et à étés frais.

    Le terme « tempéré » veut principalement dire « tempéré par mélange ». En effet, les différentes masses d’air peuvent nous donner des situations parfois très contrastées. Rappelez-vous le contraste entre le mois de juillet 2006 et le mois d’août qui suivi. Le premier fut extrêmement chaud, ensoleillé et relativement sec, le second fut considéré comme froid (alors qu’il était normal du point de vue température), sombre et très pluvieux. Les hivers peuvent aussi présenter des contrastes aussi importants. Le plus froid fut celui de 1962-1963 avec une température moyenne de -2,0°C alors que le plus chaud fut celui de 2006-2007 avec une moyenne de 6,6°C.

    Le qualificatif « maritime », nous rappelle que notre climat est généralement pluvieux. En hiver, il pleut deux jours sur trois et en été un jour sur deux !

    Les médias et les vacances dans les pays chauds sont en partie responsables de cette interprétation déformée de la notion du climat normal que l’on connaît dans nos régions. À force de pointer ou de vouloir à tout prix des records, on occulte les situations plus normales. Ce qui déforme fortement notre compréhension du climat. Un autre facteur qui influence ces impressions est notre civilisation de loisir qui veut que l’on sorte les WE. Et si c’est un WE pluvieux, ce n’est pas « normal ». Et donc, malheureusement pour beaucoup, le temps désiré correspond rarement au temps qu’il fait dans notre pays et les déceptions sont souvent fréquentes …

  • Le Climat une question de temps et une question de temps !

    Eh oui ! En français un même terme peut signifier deux choses différentes : il y a le temps météo et le temps dans le sens Chronos, celui qui passe. Les autres langues ont en général deux mots pour ces deux notions : en néerlandais le temps «météo » est « het weer » et le temps qui passe est « de tijd » ; en anglais « weather » et « time ».

    Et pourtant, ce n’est pas illogique d’avoir le même terme pour ces deux notions. En effet le climat est l’évolution du temps (des conditions météorologiques) au cours du temps qui passe. Une définition du climat est :

    « La synthèse des conditions météorologiques dans une région donnée, dans le rythme journalier et saisonnier dicté par le forçage astronomique.

    Cette synthèse est caractérisée par des statistiques à long terme (valeurs moyennes, variances, probabilités de valeurs extrêmes, etc.) des éléments météorologiques dans cette région. »

    Et l’origine du mot climat correspond bien à ces notions : l’origine étymologique du mot climat est grec et vient du mot « κλιμα » qui signifie « inclinaison ». Les grecs étaient de grands voyageurs et de très bons observateurs. Ils ont constaté que les rayons du Soleil à midi n’avaient pas le même angle sur l’horizon au cours d’une année. De même, à certains moments précis de l’année, comme les solstices, les rayons montaient plus ou moins haut dans le ciel suivant la région dans laquelle on se trouvait. Cette propriété a été utilisée par Eratostène de Cyrène pour calculer avec une remarquable précision la circonférence de la Terre.

    La suite des conditions météorologiques est différente d’une région à l’autre tout comme l’inclinaison des rayons du Soleil au cours du temps. De là, sont venus le terme et la notion de climat. C’est donc bien d’une question de temps au cours du temps que vient la notion de climat.

  • Réchauffement climatique

    La température en Arctique 5 degrés au-dessus de la normale

    La température moyenne cet automne dans l'Arctique se situe 5 degrés Celsius au-dessus de la normale, un record, selon un rapport de l'Agence américaine des océans et de l'atmosphère (NOAA) qui attribue ce phénomène à une forte diminution de la banquise sous l'effet du réchauffement.

    "Les changements dans l'Arctique montrent un effet domino provenant de causes multiples qui est beaucoup plus net que dans d'autres régions du globe", relève James Overland, un océanographe de NOAA, un des principaux auteurs de ce rapport intitulé "Arctic Report Card 2008".

    Effet domino
    "Le système arctique est très sensible et connaît souvent des changements relativement rapides et spectaculaires", ajoute-t-il. La perte des glaces dans l'océan Arctique permet un plus grand réchauffement de la température de l'eau sous l'effet des rayons solaires, relève le rapport.

    Ce réchauffement de l'air et de l'océan affecte la faune marine et terrestre et réduit aussi la masse de glace permanente de la banquise arctique qui a fondu de 38 kilomètres cubes depuis ces dernières années, devenant la plus grande cause de la montée général du niveau des océans autour du globe.

    Évolution
    L'été 2007 a été le plus chaud dans les annales dans l'Arctique, suivi de près par 2008, ce qui perpétue une tendance générale de réchauffement entamée au milieu des années 60. L'"Arctic Report Card" est publié depuis 2006 par NOAA pour établir un ensemble de références dans cette région de manière à pouvoir surveiller son évolution et ses changements souvent rapides.

    Il est mis à jour annuellement en octobre et mesure l'évolution des conditions de l'atmosphère arctique, de la glace de la banquise, de l'eau de l'océan, des terres, de la biologie et du Groenland. Dans ce rapport 2008, trois de ces six éléments (l'atmosphère, la glace et le Groenland) sont classés dans le rouge, indiquant que les changements constatés sont fortement attribués au réchauffement du climat.

    Les trois autres éléments (biologie, océan et terre) sont dans le jaune, ce qui reflète des signes mitigés quant aux effets du réchauffement. En 2007, le rapport avait deux éléments dans le rouge (l'atmosphère et l'état de la glace de l'océan) et quatre dans le jaune.

    Source AFP

  • Il n’y a plus de saison !

    Voilà une expression qui a la vie dure. En effet, un jour j’ai lu que Pline l’Ancien, celui qui est mort en voulant observer l’éruption du Vésuve, disait déjà que les Romains utilisaient cette expression. La première trace écrite dans nos régions date du IVème siècle.

    Et pourtant, astronomiquement parlant, nous auront toujours des saisons. En effet, au cours de la translation de la Terre autour du Soleil, la position du Soleil à midi dans notre pays varie. Au solstice d’été, il monte très haut au-dessus de l’horizon et la durée pendant laquelle il est présent dans le ciel est maximale (16 h 30min). Au solstice de l’hiver, il reste très bas au-dessus de l’horizon et la période diurne est minimale avec un peu moins de 8 h de Soleil. La principale conséquence est qu’entre ces deux moments de l’année l’apport en énergie solaire est très différent. Cet apport est maximal au début de l’été astronomique et minimal au début de l’hiver. L’hiver est la saison la plus froide et l’été celle où la chaleur est maximale.

    Alors pourquoi cette expression ? En fait c’est la manière d’appréhender les variations des conditions météorologique qui est à l’origine de cette idée. En effet, le climat est la synthèse de toutes les conditions météorologiques en intégrant non seulement la moyenne et les extrêmes. Ce sont ces extrêmes qui et le changement subi des conditions météorologiques qui donnent l’impression que dans nos régions (et la plupart des régions extratropicales) on peut avoir des transitions entre un temps froid suivi d’un temps très chaud ou l’inverse. Ainsi le matin du 22 décembre 1982 on avait 8,9°C et le maximum atteignait 14,3°C. Le 22 juin 1972, la température ne montait pas au dessus de 13,4°C et le lendemain matin la température descendait jusqu’à 9,4°C. Mais au delà de ces similitudes, il y aussi les transitions rapides entre des conditions météorologiques très contrastées. Ainsi le 15 avril 2003, la température était quasi estivale avec 24,9°C alors que le 19, le mercure ne montait plus au-dessus de 9,3°C.

    Cette expression vient clairement de la confusion entre des successions de type de temps parfois très contrastées et le climat qui moyenne toute ces conditions. Cette impression est tout-a-fait normale car nous vivons au jour le jour et nous ressentons le temps par nos sens alors nous n’intégrons pas à ce niveau la notion de climat.

  • Pourri ce début juillet et pourtant normal.

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    Quand on examine les chiffres de ces 20 premiers jours et que l’on compare avec les réflexions des gens que l’on veut bien nous faire entendre, il y a un fossé entre la statistique et le ressenti subjectif des gens.
    Du point de vue température, la moyenne depuis 1901 est de 17,4°C et si on considère une moyenne plus récente comme 1971-2000, cette dernière est de 18,0°C. Quel que soit la moyenne utilisée, le déficit de ce début de juillet, avec 16,7°C reste dans la norme. Les 20 premiers jours de juillet les plus chauds furent notés en 1976 avec une moyenne de 23,0°C et le début juillet le plus froid date de 1907 avec une température moyenne de 13,7°C.
    Les pluies furent également normalement excédentaires : on a relevé au pluviomètre à Uccle 77, 3 mm au cours de ces deux premières décades alors que la moyenne 1971-200 est de 46,3 mm (ou 53,1 mm pour la période 1901-2007). Les extrêmes furent respectivement de 188,5 mm en 1942 pour la période la plus pluvieuse et 0,4 mm pour la plus sèche, cela s’était produit en 1971.
    Le Soleil, le plus désiré par les vacanciers, marque un léger déficit avec 91,4 h, la normale 1971-2000 est de 124,7 h alors que la moyenne 1951-2007 est de 124,1 h. Ce déficit est normal. On est loin des valeurs extrêmes qui sont respectivement de 218,2 h enregistrés en 1959 et 28,2 h, valeur notée en 1980.
    On n’est évidemment pas dans les conditions souhaitées par les vacanciers, mais elles ne sont certainement pas exceptionnelles comme on voudrait le faire dire. Le climat de la Belgique est qualifié de tempéré, humide avec des hivers doux et des étés frais. On est un peu en dessous de ces normes pour les températures et le Soleil et légèrement au-dessus pour les pluies mais cela n’a rien d’anormal en Belgique et on pourrait connaître pire. En outre les prévisions pour la fin de ce mois sont plus favorables pour ceux qui aiment plus chaud, sec et ensoleillé.