climat - Page 5

  • Quelques inondations remarquables (3)

    Paris 1910

    1162293b77f3595e6f117d4809229682.jpgLes inondations de 1910 ont atteint l’épaule du Zouave ! Le Zouave du pont de l’Alma sert de référence lors des crues de la Seine à Paris bien que la référence officielle à l’heure actuelle soit le pont d’Austerlitz.

    Cette crue débuta le 20 janvier et les rives du fleuve furent inondées jusqu’au 28. C’est en automne que se mirent en place les conditions qui aboutirent à cette crue très exceptionnelle.

    Via le sous-sol – cave, métro, réseau d’égouttage – l’inondation s’est répandue loin des berges du fleuve. Le métro fut paralysé sur pratiquement toutes les lignes et les dégâts furent extrêmement importants.

     Des cartes postales de Paris sous eau en 1910 sont accessible à l'adresse suivante : http://www.lesia.obspm.fr/~malherbe/cartes-postales/Inondation1910/index.html

  • Quelques inondations remarquables (2)

    La Loire 1852 – 1856 –1869

    La Loire est un fleuve capricieux. Ses crues peuvent être terribles et provoquer d’énormes dégâts. Sa dernière grande crue date de 2003 avec un niveau de 4,85 m au-dessus de son niveau « normal » à Digoin. Mais la plus grande date de 1846 avec un niveau de 7,40 m, crue essentiellement due à la Loire c’est-à-dire avant la jonction Loire-Allier.

    En 1852, une crue importante s’est également produite. Les cités riveraines ont fait des travaux pour rehausser les digues. Mais 4 ans plus tard, lors d’une nouvelle crue (5,70 m), la Loire passe à nouveau au-dessus de ces nouvelles digues. De nouveaux travaux sont entrepris pour relever à nouveau les digues. En 1866, une crue de 6,30 m provoque de nouveaux débordements malgré les travaux réalisés. Après concertations, les entités riveraines décident de détruirent les digues et de laisser toutes les zones submergées au fleuve et donc de ne plus construire dans cet espace qui avait été envahi par les eaux.

    Mais l’Homme a oublié et a entrepris de construire à nouveau dans cette zone. Les crues de 1973 et plus récemment celle de 2003 ont été la cause de nombreux dégâts.

    La figure 2 montre l’historique des grandes crues de la Loire entre 1846 et 2006. On peut se rendre compte que les plus grandes crues datent d’avant 1910, c’est-à-dire longtemps avant la problématique du changement de climat.

    Référence bibliographique : Bruno Ledoux, 1995,   Les catastrophes naturelles en France, Document Payot

    480857910ceead113e2c8475a57f0b55.gif

  • Quelques inondations remarquables (1)

    Les Déluges

    On ne peut que commencer par les Déluges. Car ce sont des récits que l’on retrouve dans l’histoire de nombreux peuples. Ce sont aussi les premiers récits de pluies importantes causant des inondations catastrophiques.

    On retrouve ces récits dans la tradition mésopotamienne comme « L’épopée de Gilgamesh » qui a été reprise par la religion juive puis catholique sous le récit du Déluge et Noé.

    Les Grecs ont aussi dans leur légende le récit d’inondations catastrophiques causées par Zeus, ne laissant que deux survivants Deucalion et Pyrrha pour repeupler la Terre. Ce récit est repris par Aristote dans son livre « les Meteorologica ».  Ovide reprend le récit de pluies provoquant d’importantes inondations dans ses « Métamorphoses ».

    L’Islam a la même base traditionnelle que la religion juive à savoir la religion mésopotamienne. Le Coran parle également du déluge et de Noé. Mais il y a quelques différences notables. Premièrement il n'est pas dit que le déluge était global, il aurait très bien pu être local. Deuxièmement Noé est un prophète dans le Coran et en plus de sa famille, les personnes bonnes, qui croient en Dieu, l'ont suivi dans l'arche.

    On retrouve le mythe du déluge dans l’Indouisme où le premier homme Manu est sauvé par le premier avatar de Vishnou, Matsya. Lui aussi échappe au déluge en construisant un bateau. Manu deviendra par la suite le premier législateur de l'hindouisme.

    Ces récits de pluies diluviennes se retrouvent également dans les religions des Mayas et de Incas. On le retrouve dans le Popol Vuh, littéralement « Le livre du temps » est l’équivalent de la Bible pour la religion Maya.

    La question de la réalité de ces déluges est toujours ouverte. Plusieurs hypothèses ont été formulées. Il me semble évident que de grandes inondations se produisent régulièrement. Dès lors qu’elles aient marqué de façon profonde ces civilisations anciennes n’est pas étonnant. Ces civilisations naissantes se sont en outre développées après la dernière glaciation et le réchauffement qui s’en suivi est à l’origine de la remontée du niveau des océans, inondant de façon remarquable les régions côtières. Une autre hypothèse des géologues américains William Ryan et Walter Pitman (1998), mais valable uniquement localement, est la remontée du niveau de la Méditerranée et l’ouverture du détroit des Dardanelles avec le remplissage de la mer Noire. Il est fort probable que différents événements géologiques ou des pluies extrêmement intenses peuvent être à l’origine de plusieurs récits de Déluges.

    ee3f661012fea1cd74c10e0ea673109f.png

    Figure 1 : L'arche de Noé selon le graveur du XIXème  siècle Gustave Doré.

  • Comment nous souvenons-nous des faits météo ?

    Si je vous demande quel était le temps du mois de janvier 2002 ou encore celui de juillet 1997, je ne crois pas que vous pourriez me répondre facilement. Même moi, je dois regarder dans mes archives pour répondre à une telle question.

     Par contre je peux vous dire, sans les regarder, qu’il neigeait le premier mars 1990. Vous aussi, vous pouvez probablement dire quel temps il faisait un jour particulier. Pourquoi ? Quand vous vivez un jour particulier, le temps qu’il fait restera gravé dans votre mémoire. En effet un décès, une naissance, un mariage, … sont des journées particulières et le temps qu’il fait à cette occasion sera plus facilement retenu qu’une journée banale.

    La mémoire populaire va aussi garder souvenir de temps particulier, mais ce ne sera plus le temps d’un jour, mais le temps qu’il fait sur une plus longue période. L’exemple le plus net est le temps qu’il a fait en 1976. En effet, il y a eu plusieurs situations qui ont fait que cette année fut mémorable : il y a eu la longue période de sécheresse qui s’est traduite par des restriction d’eau, ensuite il y a eu cette très longue canicule : à Uccle on a eu 15 jours consécutifs avec des maxima supérieurs à 30 °C. La longue période de pluie de juin-juillet 1980, qui s’est terminée avec ses images de caravanes qui se fracassaient sur les ponts de la Lesse, a aussi marqué les mémoires.

     Finalement, le temps dont on se souvient n’est pas le temps que l’on vit au jour le jour et encore moins le temps que l’on espère.

     

  • Bilan de l'année climatologique 2006 à Uccle

    Cette année climatologique 2005-2006 – l’année climatologique va du premier décembre au 30 novembre - fut particulièrement remarquable par le nombre de records de la température moyenne à Uccle que l’on a battus. Le plus spectaculaire fut le record de l’automne : les paramètres statistiques de la série nous donnent une période de retour supérieure à 500 ans. L’insolation a connu des déficits remarquables en février et août et un excès important en juillet. La pluviosité a été particulièrement abondante au cours du mois d’août. C’est la cinquième année climatologique la plus chaude depuis 1833.

    Lire la suite