hiver - Page 2

  • 15 octobre 2009, gel précoce à Uccle

    Cette saison hivernale commence tôt avec un premier jour de gel à Uccle ce 15 octobre 2009. La date moyenne du premier jour de gel pour cette station est le 8 novembre.

    Ce n’est cependant pas le gel le plus précoce car on a déjà observé une température négative le 5 octobre 1936. Le mois d’octobre de cette année a connu pas mal de jours de gel, le plus remarquable fut le -1,2°C relevé le 11 octobre. Le -0,2°C de cette année 2009 fait évidemment pale figure devant cette valeur plus basse et plus précoce. Elle est néanmoins remarquablement tôt dans l’année.

    Une question va automatiquement apparaître dans l’esprit des gens : « Cela annonce-t-il un hiver rigoureux ? » Je rassure tout le monde, la réponse est non. Un gel précoce n’est pas nécessairement signe d’un hiver rigoureux. Ainsi l’hiver 1936-1937 ne fut pas particulièrement rigoureux car la température moyenne de cette année-là fut de 4,4°C soit un peu plus qu’un hiver normal (3,5°C).

    A contrario, l’hiver 1984-1985 fut assez rigoureux avec une température moyenne de 0,6°C soit un déficit de presque 3°C. Et pourtant le premier gel fut particulièrement tardif cette année : en effet le premier gel a été observé le 29 décembre 1984 soit 52 jour après la date moyenne de la première gelée.

    L’atmosphère n’a pas de « mémoire », elle ne tient donc pas compte des situations atmosphériques qu’elle a connues dans le passé, même proche. C’est pour cette raison que les prévisions à long terme sont très compliquées surtout dans nos régions où la variabilité des différentes situations atmosphériques est grande. Météo France s’avance à faire des prévisions saisonnières mais elles sont précédées d’un double avertissement : « Ce n’est qu’à la fin de l’hiver 2010 que les physiciens sauront si leur hypothèse est juste ». Et ils ajoutent sur leur site « Elles donnent une tendance globale (région) et non une tendance locale (ville) qui reste encore à l’état expérimental ». Pour le moment, les prévisions saisonnières sont encore à l’état de recherche. Même si une diffusion de plus en plus importante commence, il faut tenir compte de l’incertitude qui entoure ces prévisions.

  • Les routes souffrent de notre climat ?

    On constate que des nids de poule sont apparus dans nos routes et on attribue cela à notre climat ! C’est correct, mais c’est suite à une propriété physique des corps avec les modifications de la température. En effet les matières augmentent de volume lorsque la température augmente et se contractent lors d’une diminution de température. C’est sur ce principe qu’est basée la mesure de la température à l’aide d’un thermomètre à mercure ou à alcool.

    niddepoule.jpgMais le revêtement des routes subit les mêmes effets. Suivant la qualité des matériaux, ils peuvent se dégrader : la contraction de la matière solide peut entraîner l’apparition de fissures. Lors des pluies, l’eau y rentre et y stagne. Si la température passe en dessous de zéro degré, l’eau gèle. En passant à l’état solide, l’eau augmente de volume créant de nouvelles tensions dans le revêtement routier. L’alternance de températures positives et négatives induit des contraintes assez importantes qui abiment le revêtement et amènent à la formation des nids de poule. Dès qu’une fissure apparaît dans le revêtement des routes, c’est un point vulnérable qui conduira irrémédiablement à la formation d’un nid de poule.

    Ce phénomène se produit aussi dans la nature. Il est à l’origine de l’aspect déchiqueté des Dolomites.

    Les fortes chaleurs provoquent aussi des déformations des chaussées. Là, c’est la dilatation qui est à l’origine des dégâts. Le sol peut être très fortement chauffé par les rayons du soleil et la température peut être très élevée provoquant la dilatation du macadam. Comme il s’agit d’une faible couche, les tensions se produisent parallèlement à la surface de la route. . Comme l’augmentation de volume peut être très forte, le revêtement va se soulever. Ce qui donne parfois des images assez impressionnantes de nos routes. Les voies qui sont réalisées sous forme de plaques de béton subissent le même effet, mais les plaques, plus rigides, se chevauchent sous l’effet de la chaleur.

  • La Niña, responsable de notre hiver ?

    Une dépêche de l’agence belga annonçait « La Niña, responsable de l'hiver rigoureux, faiblit » à partit d’un bulletin de l’OMM. Quelles sont les influences de La Niña et d’El Niño sur notre temps ? De nombreuses études ont été réalisées pour déterminer les conséquences globales et locales des phénomènes El Niño et La Niña.

    El Niño est un courant chaud qui apparaît dans la zone tropicale de l’océan Pacifique. La température de l’eau de mer entre les tropiques devient anormalement élevée et atteint son paroxysme à la mi-décembre. C’est à ce moment là que ses conséquences se font sentir sur la côte du Pérou et de l’Équateur. D’où le nom en référence à la fête de la naissance du Christ que le nom d’El Niño a été donné par les conquistadores espagnols lors de la conquête de l’empire Inca (el niño signifie petit garçon en espagnol.) Quand l’océan est anormalement froid, on l’a naturellement appelé La Niña, du fait que c’est le contraire d’El Niño.

    L’année passée, c’est le phénomène La Niña qui a déterminé les conditions météorologiques dans les tropiques. Le refroidissement de l’océan sur une grande échelle induit un refroidissement de l’atmosphère au dessus de la zone froide de l’océan. Comme la superficie est importante, cela entraîne une diminution de la température globale de la Terre. L’année 2008 a quand même été la dixième la plus chaude depuis que l’on a des mesures globales de la température.

    lanina_consequence-1.jpgDans l’image jointe, il y a une série de « corrélations » qui ont été déduites entre des types de temps et le phénomène La Niña. Les zones bleues sont les régions où la température est significativement plus basse lors des phénomènes La Niña. On constate que dans les cartes, il n’y a pas de corrélations significatives entre le phénomène La Niña et les températures en Europe. On ne peut attribuer à La Niña les conditions plus froides que ces derniers mois chez nous. Dans le tableau « cold and warm episode », on retrouve en rouge les épisodes El Niño, en bleu les épisodes La Niña et en noir les situations neutres. Les grands hivers de 1956, 1963 et 1985 se sont effectivement produits lors d’un La Niña, mais les hivers 1979 et 1986 se sont produits lors d’une situation neutre et l’hiver 1987 s’est produit pendant une situation El Niño. L’hiver 2008, s’est produit pendant Le dernier La Niña et a été relativement chaud et depuis juin, nous sommes en phase neutre. Cela est confirmé dans une étude que j’ai faite en 1999 et qui montrait qu’il n’y avait pas de corrélation entre les phénomènes El Niño-La Niña et notre temps (Influence d’El Niño et de La Niña sur les précipitations, les températures moyennes et l'insolation à Uccle (Bruxelles)) publié dans le volume 11 des Publication de l’Association Internationale de Climatologie).

    En conclusion, on ne peut en aucun cas attribuer cet hiver qui ne présentera pas de déficit remarquable de température (probablement moins de 1°C, le plus froid avait un déficit de 5,0°C) aux conséquences d’un épisode La Niña.

  • Pluviôse

    Ce 20 janvier, un nouveau mois du calendrier républicain a commencé. Son nom pluviôse rappelle que l’hiver est aussi une période pluvieuse. Si, pour nos régions (Belgique, nord de la France), le régime pluviométrique est relativement régulier au cours de l’année, pour d’autres régions plus méridionales et surtout dans le climat méditerranéen, le régime annuel des pluies montre une variation saisonnière plus marquée avec un minimum estival et un maximum en automne ou en hiver.

    Ce mois, qui correspond au signe du verseau, commence le 20 janvier et se termine le 18 février du calendrier grégorien.

    On constate donc que les mois du calendrier républicain se calquent sur les saisons astronomiques. Les 3 mois de l’hiver sont donc nivôse, pluviôse et ventôse.

    Une autre caractéristique du calendrier républicain est le nom attribué au jour de la semaine. Et encore, je ne devrais pas dire semaine mais décade. En effet, un mois républicain est divisé non plus en semaines mais en décades. Celles qui composent le mois pluviôse sont les décades numérotées de 13 à 15. Les jours du premier au dixième de la décade portent respectivement les noms de : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi.

  • Épisode froid de 2008-2009 à Uccle

    Comme à la fin de l’année 1996 début 1997, nous avons connu un épisode froid, presqu’aussi qu’à cette époque. En effet entre 1997 et 2008, nous n’avions plus connu à Uccle de journée très froide (température minimale inférieure à -10°C).

    Chaque épisode froid (ou chaud) a ses propres caractéristiques. On peut cependant comparer différents paramètres qui peuvent les caractériser. C’est ce que l’on trouve dans le tableau suivant :

    Paramètres

    2008-2009

    1996-1997

    Durée (= nombre de jours de gel consécutifs)

    18

    25

    Température moyenne (°C) sur cette durée

    -3,0

    -4,7

    Température maximale moyenne (°C)

    0,2

    -1,2

    Température minimale moyenne (°C)

    -6,0

    -7,0

    Température minimale absolue (°C)

    -12,8

    -14,0

    Nombre de jours d’hiver (tmax <0°C)

    7

    18

    Nombre de jours froids (tmin <-5°C)

    10

    18

    Nombre de jours très froids (tmin <-10°C)

    2

    6

    L’examen du tableau montre clairement que la vague de froid de 96-97 fut plus sévère que la vague de froid que nous venons de connaître.

    Du coté enneigement, la neige s’était maintenue du 31 décembre 1996 au 10 janvier 1997 (11 jours) et l’épaisseur maximale de la couche de neige avait été de 3 cm. Cette année, la neige a atteint 8 cm et s’est maintenue 8 jours au sol (du 5 au 12 janvier 2009).

    C’est l’hiver 1962-1963 qui reste le plus froid de tous les hivers observés à Bruxelles-Uccle depuis 1834. La température moyenne pour les 3 mois de cette saison a été de -2,0°C et les températures négatives ont été observées pendant 74 jours sur les 90 que compte l’hiver.