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  • Les inondations de Liège du 29 mai 2008

    Ces inondations ont été remarquables et les images des dégâts qu’elles ont provoqués ont été très impressionnantes.  Les précipitations, bien que très importantes ne suffissent pas à expliquer l’importances des dégâts. D’autres facteurs ont contribué à aggraver les conséquences des pluies.

    Le premier facteur est bien entendu la pluie. Les estimations faites à l’aide des radars ont montrés des intensités pouvant être supérieures à 30 mm/h. C’est beaucoup mais ce n’est pas un cas isolé et unique en Belgique. En fait, dans de nombreux cas d’orages on atteint des intensités parfois bien plus supérieures à cette valeur de 30 mm/h.

    Le deuxième facteur est la région très accidentée où se sont produites les orages. Certaines vallées présentent des versants très inclinés avec comme conséquences des mouvements rapides des masses d’eau dans leur flux vers le bas de la vallée. Cela explique que des véhicules pouvaient déplacées pas la masse d’eau qui arrivaient dans les rues. Le relief est également à l’origine de la montée rapide de l’eau dans les cours d’eau. Quand l’eau arrive dans le bassin versant d’une rivière, la couche d’eau qui s’étalerait sur l’équivalent d’une surface plane donnerait une lame d’eau d’une trentaine de cm s’il pleut 30 mm en 1 heure. Mais le relief va forcer l’eau à se rassembler dans la partie la plus basse de la vallée et l’eau se retrouve sur une surface nettement plus petite qu’au départ. Comme la pente y est nettement moins forte, l’eau va fortement ralentir et le débit sortant va être nettement inférieur au débit entrant. Il va donc y avoir deux raisons pour les quelles le niveau d’eau va s’élever très rapidement dans la partie basse de la vallée.

    Un autre facteur d’aggravation est d’origine humaine : l’homme néglige son environnement. Tout d’abord, il ne tient pas compte des nuances dans le relief et il arrive souvent de construire dans les avalaisons. Ce sont de léger creux dans les versants de la vallée qui va être temporairement occuper lors des fortes pluies. Une construction va y bloquer la pluie qui va chercher une autre voie. Si on a construit deux bâtiments dans des avalaisons voisines l’eau des deux avalaisons, en contournant les bâtisses, en formant un écoulement plus important et dès lors plus destructeur.

    Ensuite l’homme jette ses déchets n’importe où, n’importe comment. Il en résulte que l’eau ramasse tout sur son passage. Si obstacle apparaît, un barrage va se former. Quand la quantité de la masse d’eau acculée en amont du barrage est importante, ce barrage va céder et une lame va s’engouffrer et dévaster la vallée en aval. La même chose peut se produire dans les égouts sauf qu’en cas de vétusté des conduits, ils peuvent céder avant le barrage et les faire éclater comme  on l’a vu lors des reportages.

    Toutes ces circonstances, et certainement d’autres problèmes locaux, ont conduit à une situation bien dramatique pour les habitants qui en ont été victimes. Et une situation analogue s’est produite dans la vallée de la Sambre à Charleroi lors des orages de lundi 2 juin.

     
  • Les inondations : Les facteurs aggravants (4)

    Modifications de l’environnement

    Les modifications de l’environnement sont nombreuses et la plupart du temps ne tiennent pas compte de la nature. Ces changements sont souvent des facteurs aggravant les inondations.

    Le premier cas est la modification du cours d’eau. Cela peut se faire de plusieurs façons :

    §         On canalise une rivière. Cela provoque une diminution des inondations là où le travail a été réalisé, mais l’eau s’écoule plus vite vers l’aval ce qui peut provoquer des débordements plus importants et/ou plus fréquents lorsque le cours d’eau reprend son cadre naturel.

    §         Dans le même ordre d’idée, une modification de son trajet peut avoir les mêmes conséquences. Ainsi si l’on redresse un méandre, l’eau qui était freinée par les virages successifs de la rivière va s’écouler plus rapidement vers l’aval. Ce fut la principale cause de la crue de la Borne qui a dévasté le camping du Grand- Bornand en Haute-Savoie où on dénombra 23 morts le 14 juillet 1987.

    Une autre cause d’aggravation des inondations est la suppression des haies. Dans les bocages, on supprime les haies pour augmenter les surfaces cultivables et permettre une manœuvre plus aisée des engins agricoles. Les haies ont une fonction de ralentissement de l’écoulement de l’eau ce qui permet en même temps une infiltration de l’eau dans le sol via les racines des plantes qui composent la haie.

    La suppression d’arbres et surtout de grandes surfaces boisées peuvent conduire également à une augmentation de la fréquence des crues. Cet effet sera surtout important en été. En effet, durant la période de végétation active, les arbres sont couverts de feuilles. Les premières gouttes de pluie abordent le sommet de la canopée. Elles commencent par mouiller les feuilles qui la composent, puis, elles se mettent à ruisseler vers les feuilles situées en dessous de la canopée. Une fois ces feuilles mouillées, l’eau ruisselle vers les feuilles suivantes et ainsi de suite jusqu’au sol. Deux effets se sont produits : d’abord le mouillage qui va monopoliser une bonne partie de l’eau qui arrive sur le feuillage, et ensuite, la vitesse des gouttes d’eau qui est fortement diminuée lorsque ces gouttes arrivent au sol. Dans une espace non boisé et surtout sur un sol nu, les gouttes arrivent au sol avec une certaine vitesse qui dépend de la taille des gouttes. En percutant ainsi le sol, les gouttes d’eau le tassent et le rendent moins perméable à l’infiltration d’eau dans le sol ce qui va favoriser un écoulement rapide vers le cours d’eau.

  • Les inondations : Les facteurs aggravants (3)

    Construction dans le lit majeur des cours d’eau

    Une des raisons les plus évidentes d’inondations réside dans la construction dans le lit majeur d’une rivière. Et pourtant cette pratique est extrêmement fréquemment réalisée. D’une manière générale, la construction dans des régions inondables se fait depuis longtemps. L’exemple de Lutèce, dont les premiers habitats se trouvaient sur l’île comme évoqué dans le « PLAN DE SECOURS SPECIALISE INONDATIONS ZONAL, Description du risque crues - TOME 1» : « De mémoire d’homme les crues ont toujours fait partie de l’histoire de Lutèce puis de celle de Paris ».

    Cette tradition de bâtir le long des cours d’eau est très ancienne car les cours d’eau étaient des voies de circulation très pratiques. Outre le transport, les rivières permettaient de s’alimenter en eau et en nourriture.

     

    Certaines inondations étaient attendues comme une bénédiction du ciel ! Les crues du Nil, en recouvrant les champs d’un limon noir, venaient enrichir le sol. Lorsque les crues étaient faibles, le sol n’était pas régénéré et les rendements agricoles mauvais, ce qui signifiait une famine. Dans l’Égypte ancienne, cette région inondable n’était réservée qu’à l’agriculture et non à l’habitat.
  • Les inondations : Les facteurs aggravants (2)

    Ruissellement

    Le ruissellement dépend de plusieurs facteurs. Les deux plus importants sont la pente du versant et la couverture du sol.

    Du premier va dépendre la vitesse d’écoulement. Plus la pente sera raide, plus la vitesse de l’eau sera importante. La force érosive en sera aussi plus grande si le versant est très pentu. La nature du sol va jouer dans l’autre sens, à savoir qu’au plus il y aura des obstacles, au plus l’écoulement sera freiné par ces derniers. Si l’on considère une végétation réduite ou nulle, en descendant rapidement les flancs de coteaux, l’eau va éroder le sol d’autant plus fort que la végétation est peu importante. Il en résulte des arrivées d’eaux boueuses qui peuvent envahir les égouts et obstruer rapidement ceux-ci aggravant ainsi le débordement de la rivière.

    En dévalant une pente, l’eau peut arracher des objets du sol et les entraîner vers la rivière.

    Si la quantité de matière est importante, elle peut se bloquer dans des goulots d’étranglement de la rivière et provoquer la formation d’un barrage temporaire. La quantité d’eau qui s’accumule derrière cet obstacle peut devenir suffisante pour provoquer la rupture de ce barrage. Une lame plus ou moins violente va déferler vers l’aval et tout emporter sur son passage.

    Lorsque l'on vient de faire la moisson, des fétus de pailles peuvent rester sur le terrain. Une averse violente peut entraîner cette matière. Les déchets qui sont emportés par l'eau peuvent s'accumuler au bas de la vallée et former barrage temporaire dans le cours d’eau. L'importance de ce dernier dépend entre autre de la violence de l'averse, de la pente des versants du moment dans l'année où l'averse se produit et de la présence de déchets sur le terrain- En été, la végétation va réduire la vitesse d'écoulement et de ce fait moins de matière sera arrachée du sol. Par contre la manière de labourer un champ peut également aggraver les dégâts des eaux.
  • Les inondations : Les facteurs aggravants (1)

    La neige

    La neige accumulée au cours des périodes hivernales peut fondre avec le rayonnement solaire ou s’éliminer par sublimation, mais ce sont des quantités minimes qui s’éliminent ainsi de la couche de neige. Elle fond généralement au cours des redoux avec de la pluie. Cette fonte peut être rapide et s’ajoute aux quantités d’eau provenant des pluies. En général, on peut considérer qu’un centimètre de neige fraîche est équivalent à un millimètre d’eau de pluie. Dans les cas  de la fonte d’une couche de neige épaisse et de pluies abondantes, l’addition des deux peut provoquer une inondation.

    Ce fut le cas en mars 1988 en Ardenne. Au début du mois, d’importantes chutes de neige se sont produites sur notre pays et la couche de neige a atteint 1,05 m à Botrange. Entre le 10 et le 16,  d’importantes pluies ont totalisé sur cette courte période plus de 100 mm. Au cours de cette même période, la fonte de la neige a amené une quantité équivalente d’eau qui, en descendant vers les cours d’eau, a contribué au débordement des rivières ardennaises.