inondations - Page 4

  • Quelques inondations remarquables (6)

    La Somme en 2001

    Lors de l’importante crue de la Somme, je lisais un Maigret de Simenon. « Maigret et le clochard » a été écrit en 1962. Je lisais à ce moment l’extrait suivant :

    ‑ La Seine reste haute, remarqua Lapointe, qui n’avait encore rien dit.
    C’était vrai. Depuis un mois, c’est à peine s’il cessait parfois de pleuvoir pendant quelques heures et presque chaque soir la télévision montrait des rivières en crue, des villes et des villages où l’eau déferlait dans les rues. Celle de la Seine, jaunâtre, charriait des détritus, des vieilles caisses, des branches d’arbres.

    Je voyais également les reportages dans les journaux télévisés et écrits et j’entendais les nouvelles à la radio. Les discours qui s’y tenaient étaient similaires à ce qu’écrivait Simenon  presque 40 ans plus tôt. Outre les pluies abondantes, d’autres facteurs ont aggravé ces inondations. De plus la durée pendant la quelle les inondations se sont maintenues étaient très inhabituelles ; elles se sont maintenues pendant presque 3 mois de mars à juin.
  • Quelques inondations remarquables (5)

    La Meuse en 1993 et 1995

    La Meuse connaît également de fréquentes inondations. Les crues les plus graves ont eu lieu en décembre 1993 et janvier 1995. Dans les deux cas on a recueilli près de 400 mm de précipitations à la station de Libramont. Différentes dépressions qui ont circulé d’ouest en est sur notre pays, amenant en une quinzaine de jours des quantités d’eau importantes et le court intervalle de temps entre chaque zone de pluie ne permettait pas à cette eau de s’évacuer. Lors du passage de la dépression de Noël en 1993 et de la dernière décade janvier en 1995, les sols et les rivières étaient saturés en eau et les inondations étaient dès lors inévitables.

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     La Meuse à Dinant deux jours après le maximum de la crue de janvier 1995

  • Quelques inondations remarquables (4)

    Juillet 1996 dans la région du Saguenay au Québec

    Les 19, 20 et 21 juillet 1996, des pluies diluviennes se sont abattues au-dessus de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean et plus particulièrement au Saguenay. Plus de 260 millimètres de pluie sont tombés durant 50 heures consécutives causant le débordement de plusieurs cours d'eau importants. Ce fut « le déluge du Saguenay », l'un des désastres naturels les plus importants de l'histoire du Québec. Les dommages causés par ces précipitations catastrophiques ont totalisé environ 700 millions de dollars canadiens.

    Cet événement est typique d’une situation de blocage. Une dépression s’est arrêtée sur l’embouchure du Saint-Laurent. Durant leur mouvement de rotation, les masses d’air passent à intervalles réguliers au-dessus de l’océan permettant leur recharge en humidité. Il en résulte des pluies de longue durée et de très forte intensité.

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    Figure 8 : Pont enjambant la rivière des Ha-Ha brisé par l'inondation, à La Baie, au Québec, en 1996 (François Hamel -- Montréal : Éditions Trustar, 1996. -- 206 p. : ill., portr. ; 23 cm. -- ISBN 2921714108. -- P. © Éditions Trustar. Reproduction autorisée par les Éditions Publistar.) (http://www.collectionscanada.ca/sos/002028-150-f.php?uid=002028-nlc010694&uidc=recKey&PHPSESSID=7q40rbav8pjrepkmv34q531un1)

  • Quelques inondations remarquables (3)

    Paris 1910

    1162293b77f3595e6f117d4809229682.jpgLes inondations de 1910 ont atteint l’épaule du Zouave ! Le Zouave du pont de l’Alma sert de référence lors des crues de la Seine à Paris bien que la référence officielle à l’heure actuelle soit le pont d’Austerlitz.

    Cette crue débuta le 20 janvier et les rives du fleuve furent inondées jusqu’au 28. C’est en automne que se mirent en place les conditions qui aboutirent à cette crue très exceptionnelle.

    Via le sous-sol – cave, métro, réseau d’égouttage – l’inondation s’est répandue loin des berges du fleuve. Le métro fut paralysé sur pratiquement toutes les lignes et les dégâts furent extrêmement importants.

     Des cartes postales de Paris sous eau en 1910 sont accessible à l'adresse suivante : http://www.lesia.obspm.fr/~malherbe/cartes-postales/Inondation1910/index.html

  • Quelques inondations remarquables (2)

    La Loire 1852 – 1856 –1869

    La Loire est un fleuve capricieux. Ses crues peuvent être terribles et provoquer d’énormes dégâts. Sa dernière grande crue date de 2003 avec un niveau de 4,85 m au-dessus de son niveau « normal » à Digoin. Mais la plus grande date de 1846 avec un niveau de 7,40 m, crue essentiellement due à la Loire c’est-à-dire avant la jonction Loire-Allier.

    En 1852, une crue importante s’est également produite. Les cités riveraines ont fait des travaux pour rehausser les digues. Mais 4 ans plus tard, lors d’une nouvelle crue (5,70 m), la Loire passe à nouveau au-dessus de ces nouvelles digues. De nouveaux travaux sont entrepris pour relever à nouveau les digues. En 1866, une crue de 6,30 m provoque de nouveaux débordements malgré les travaux réalisés. Après concertations, les entités riveraines décident de détruirent les digues et de laisser toutes les zones submergées au fleuve et donc de ne plus construire dans cet espace qui avait été envahi par les eaux.

    Mais l’Homme a oublié et a entrepris de construire à nouveau dans cette zone. Les crues de 1973 et plus récemment celle de 2003 ont été la cause de nombreux dégâts.

    La figure 2 montre l’historique des grandes crues de la Loire entre 1846 et 2006. On peut se rendre compte que les plus grandes crues datent d’avant 1910, c’est-à-dire longtemps avant la problématique du changement de climat.

    Référence bibliographique : Bruno Ledoux, 1995,   Les catastrophes naturelles en France, Document Payot

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