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  • Les températures jouent au yo-yo

    Au cours des dernières semaines les températures montent et descendent régulièrement. Pourquoi ?

    Le tableau suivant vous montre les hauts et les bas de la température maximale à Uccle depuis le 22 septembre :

    Date

    Température maximale

    22/09

    23.7°C

    27/9

    12.5°C

    03/10

    23.1°C

    06/10

    18.6°C

    09/10

    22.5°C

    12/10

    13.6°C

    On a un peu l’impression que l’été passe à l’hiver par à-coup. Et c’est effectivement ce qui se passe cette année, mais cela n’a rien de particulier. Nous sommes en automne qui est la saison de transition entre l’été et l’hiver. Dans certains cas on reste encore quelques semaines en été puis on passe brutalement en hiver comme ce fut le cas en octobre 2003 ou octobre 2008. Dans d’autres cas, la transition se fait par une diminution lente et relativement constante comme en 2001. Enfin cette transition peut se faire par saccade comme en 2004 où les 20°C étaient encore atteints au cours de la dernière décade d’octobre.

    Bien entendu, chaque automne a son propre comportement qui dépend de la manière dont les masses d’air évoluent au voisinage de nos région. Cette année nous avons des dépressions qui évoluent de l’océan Atlantique vers la Scandinavie. Au cours de ces déplacements, nous nous trouvons successivement dans des courants maritimes d’origine tropicale comme autour des 11 et 22 septembre et des 3 et 9 octobre (voir graphique). En revanche autour du 15-18, du 27 septembre puis du 6 octobre nous nous trouvons dans des courants maritimes ayant parfois un caractère polaire. À partir du 11 octobre, la situation devient différente avec un anticyclone situé sur le sud de la Scandinavie qui détermine des courant continentaux ayant une origine septentrionale.

    Les masses d’air du sud quittent à peine l’été et sont encore chaudes et quand ces masses d’air arrivent sur nos régions, c’est la douceur qui domine notre temps. Quand elles viennent du nord, région où le Soleil apporte déjà moins d’énergie, le froid commence a être bien marqué. Quand on a une alternance de courants méridionaux et septentrionaux, on a des températures contrastées. C’est ce que figurait Jacques Brel dans sa chanson « Le Plat Pays » en disant « Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot ».

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    Des soubresauts de ce type peuvent encore se produire. Cela s’est traduit dans la mémoire populaire par les dictons concernant la Saint-Martin : « A la Saint-Martin, une éphémère chaleur revient », ou « L’été de Saint-Martin dure trois jours et un brin ». Dans ce dernier dicton, on a l’analogie avec les trois Saints de Glace du mois de mai. Même si une période froide a l’air de s’installer sur nos régions, il n’est pas exclu de retrouver des températures plus douces plus tard dans le mois d’octobre ou même au début du mois de novembre.

  • Les vagues de froid de 2009 - 2010 à Uccle

    L’hiver se repartit sur les mois de décembre, janvier et février. Cette année connut un des hivers les plus froids et surtout le plus neigeux de ces 30 dernières années. Le plus froid fut celui de 1985 avec 0,6°C, suivi de celui de 1996 avec 1,4°C ; pour cette année, la moyenne a été de 1,5°C.

    Par contre le nombre de jour de neige est le plus élevé de ces 30 dernières années avec 31 jours. Le record date du début du siècle passé avec 37 jours de neige en 1907, suivi de 33 jours en 1968.

    Avant de considérer cette période de froid, il est utile de définir quelques expressions. On parle de jour de gel lorsque la température minimale est strictement inférieure à 0 °C tandis que la température maximale reste positive. On considère que l’on a un jour d’hiver quand la température reste strictement inférieure à 0 °C durant toute la journée. Un jour où le minimum est de -6,0 °C et le maximum est de 0,0 °C sera considéré comme un jour de gel et non pas d’hiver.

    Une journée climatologique est la période de 24 heures qui sépare deux observations réalisées à 8 h du matin. La journée climatologique s’étend donc de 8 h du matin au lendemain matin 8 h. Les données statistiques vont être basées sur cet intervalle de temps.

    On peut considérer que l’on a eu 3 vagues de froid au cours de cet hiver. La première débuta le 13 décembre et se termina le 24. Une nouvelle vague commença le jour de l’an et s’acheva le 15 janvier. En février, on nota encore une période froide entre le 8 et le 17. Ces vagues de froid ne furent ni longues ni intenses mais elles ont néanmoins été remarquables. La plus importante vague de froids fut celle de l’hiver 1962-1963 avec une durée de 73 jours entre le 22 décembre 1962 et le 4 mars 1963.

    Le nombre de jours d’hiver fut de 17: du 16 au 19 décembre 2009, le 4 janvier 2010, puis du 6 au 10 de ce mois ainsi que le 26 et en février ces jours d’hiver ont eu lieu entre le 9 et le 13 et le dernier jour a été le 15

    La moyenne des températures de la première décade de janvier 2010 a été à Uccle de -3,0 °C. La première décade de janvier la plus froide date de 1997 avec ‑7,1 °C pour les dix premiers jours de l’année.

    En 1917, la dernière décade de janvier et la première décade de février ont eu comme température moyenne respectivement ‑6,0 et -8,1 °C. Nous pouvons constater dans le tableau 1 quelques décades froides qui ont marqué les hivers auxquels elles appartiennent. On notera les hivers particulièrement longs de 1942 et surtout celui de 1963.

    Déc 1

    Déc 2

    Déc 3

    Jan 1

    Jan 2

    Jan 3

    Fév 1

    Fév 2

    Fév 3

    1917

    -6.0

    -8.1

    1929

    -8.9

    1942

    -7.1

    -4.3

    -5.2

    -1.9

    -3.0

    1956

    -5.3

    -7.5

    -5.2

    1963

    -3.9

    -2.6

    -6.8

    -4.0

    -2.1

    -1.1

    -2.9

    1985

    -5.4

    -6.8

    -5.0

    1997

    2010

    -1.0

    -3.0

    -0.4

    Tableau 1 Quelques valeurs remarquables des températures moyennes décadaires comparées à cet hiver.

    L’autre facteur remarquable de cet hiver fut le nombre de jours où les précipitations furent en tout ou en partie de neige. On a eu respectivement pour les 3 mois d’hiver 7, 14 et 10 jours de neige pour un total de 31 jours. Janvier est le deuxième mois de janvier le plus neigeux depuis 1901, deuxième place partagée avec 1945 ; le record reste attaché au mois de janvier 1917 avec 15 jours. Cette fréquence élevée de jours de neige associée à de fréquentes périodes de gel-dégel a provoqué une dégradation importante des routes. Le phénomène n’est pas uniquement belge mais tous les pays ont connu les mêmes problèmes à des degrés divers. En Allemagne, on peut adopter des nids de poule à Niederzimmern, près de Leipzig pour un don à la commune de 50 €. Les nids adoptés seront réparés et la commune y insérera un médaillon avec un message du donateur !

    Cette fréquence élevée d’enneigement fut à l’origine d’une consommation importante de sel de déneigement avec en fin de compte une pénurie. N’oublions pas que les hivers doux des ces dernières années ont permis de fortes économies dans ce secteur.

    Même avec un réchauffement global de la Terre, on peut observer des hivers comme ceux d’antan sans pour autant que cela remette en question ce réchauffement. Selon une étude de la NOAA, l’hiver 2009-2010 est le deuxième plus chaud à l’échelle mondiale. Il est précédé dans ce classement par 2006-2007. La carte de la NOAA montre pour janvier 2010 les anomalies de température et on peut y constater que malgré le froid dans nos régions, les zones où la température fut plus élevée que la normale sont très étendues sur notre planète.

    L’hiver fut froid mais reste cependant encore chaud par rapport aux hivers les plus froids que nous avons connus dans le passé. Ceux de 1962-1963 et le mois de février 1956 resteront encore longtemps dans la compilation des hivers rudes !

     

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  • 2009 une année chaude sans plus

    Bilan de l’année 2009 à Uccle

    Le terme de cette année approche et l’heure est au bilan. N’étant pas complètement achevée, les chiffres présentés sont proches des valeurs finales mais seront certainement modifiés avec les valeurs définitives que nous auront le jour de l’an.

    Avec une moyenne de 11,0°C (norm. : 9,7°C) (les normales sont calculées sur la période 1901-2000) la valeur de la température moyenne annuelle est très anormalement élevée. Elle se situe à la 11ème place parmi les années les plus chaudes et ne se différencie des années 1995 et 2005 que par des centièmes de degré. Les mois d’avril et de novembre ont été particulièrement chauds. Ils occupent tous les deux la deuxième position des mois les plus chauds. En avril on avait eu 12,5°C (norm. : 9,0°C), le record datant de 2007 avec 14,3°C. La température moyenne de novembre 2009 a été de 9,7°C (norm. : 6,1°C) et le record avait été enregistré en 1994 avec une température moyenne de 10,4°C. On se souviendra aussi de la période de froid que nous avons connue en janvier avec entre autre 4 jours où la température minimale était descendue en dessous de -10°C, ce qui ne s’était plus produit à Uccle depuis 1996.

    La quantité d’eau recueillie est normalement déficitaire avec 745,6 mm (norm. : 804,8). Cette quantité a été relevée au pluviomètre 185 jours alors qu’une année normale en compte 207.

    L’insolation a également été normalement déficitaire avec 1706,8 h (norm. : 1802 h). Le mois de février avait été très sombre : avec 33,1 h de Soleil, il a pris la première place des mois de février les plus sombre, le précédent record datait de 2009 avec 39,0 h.

    On retiendra encore la courte période peu pluvieuse que l’on observé entre août et septembre et qui a touché plus particulièrement la province de Flandre Occidentale.

    Bref l’année a été douce et dans la continuité des années chaudes de ce début du siècle.

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  • 15 octobre 2009, gel précoce à Uccle

    Cette saison hivernale commence tôt avec un premier jour de gel à Uccle ce 15 octobre 2009. La date moyenne du premier jour de gel pour cette station est le 8 novembre.

    Ce n’est cependant pas le gel le plus précoce car on a déjà observé une température négative le 5 octobre 1936. Le mois d’octobre de cette année a connu pas mal de jours de gel, le plus remarquable fut le -1,2°C relevé le 11 octobre. Le -0,2°C de cette année 2009 fait évidemment pale figure devant cette valeur plus basse et plus précoce. Elle est néanmoins remarquablement tôt dans l’année.

    Une question va automatiquement apparaître dans l’esprit des gens : « Cela annonce-t-il un hiver rigoureux ? » Je rassure tout le monde, la réponse est non. Un gel précoce n’est pas nécessairement signe d’un hiver rigoureux. Ainsi l’hiver 1936-1937 ne fut pas particulièrement rigoureux car la température moyenne de cette année-là fut de 4,4°C soit un peu plus qu’un hiver normal (3,5°C).

    A contrario, l’hiver 1984-1985 fut assez rigoureux avec une température moyenne de 0,6°C soit un déficit de presque 3°C. Et pourtant le premier gel fut particulièrement tardif cette année : en effet le premier gel a été observé le 29 décembre 1984 soit 52 jour après la date moyenne de la première gelée.

    L’atmosphère n’a pas de « mémoire », elle ne tient donc pas compte des situations atmosphériques qu’elle a connues dans le passé, même proche. C’est pour cette raison que les prévisions à long terme sont très compliquées surtout dans nos régions où la variabilité des différentes situations atmosphériques est grande. Météo France s’avance à faire des prévisions saisonnières mais elles sont précédées d’un double avertissement : « Ce n’est qu’à la fin de l’hiver 2010 que les physiciens sauront si leur hypothèse est juste ». Et ils ajoutent sur leur site « Elles donnent une tendance globale (région) et non une tendance locale (ville) qui reste encore à l’état expérimental ». Pour le moment, les prévisions saisonnières sont encore à l’état de recherche. Même si une diffusion de plus en plus importante commence, il faut tenir compte de l’incertitude qui entoure ces prévisions.

  • Une première décade d'octobre sous eau

    Le 1er, des courants maritimes associés à une zone de basses pressions située sur le Sud de la Scandinavie a déterminé notre temps. Les 2 et 3, ces courants maritimes sont associés à une zone de haute pression situé sur l’océan Atlantique à l’ouest des Îles Britanniques et de la France. Le 4, c’est à nouveau une dépression sur le sud de la Scandinavie qui nous a envoyé des courants maritimes. Du 5 au 8, ils sont associés à une dépression évoluant au voisinage de nos régions. Le 9, un anticyclone sur la mer du Nord a envoyé des courants ayant un caractère continental. Le 10, les courants maritimes sont de retour suite au développement d’une dépression au sud de l’Islande.

    La valeur du total des précipitations est très exceptionnellement excédentaire. On a recueilli 95,4 mm de pluie (norm. : 22,5 mm). C’est la valeur la plus élevée depuis 1901 à Uccle. Le précédent record date de 1923 avec 94 ,9 mm. Cette valeur est due à une averse orageuse qui a donné 61,8 mm en moins de 24 h le 7. Cette côte n’a été dépassée à Uccle que 2 fois : le 6 octobre 1895 avec 65,8 mm et le 10 juillet 1942 avec 72,4 mm. Ces valeurs restent néanmoins très inférieures aux valeurs les plus élevées observées dans le réseau belge : le 13 septembre 1998, on relevait à Wijnegem 146,8 mm. La valeur de la durée d’ensoleillement est très anormalement basse avec 15,4 mm ( norm. : 46,3). La valeur de la température moyenne est normale, on a eu 13,5°C (norm. : 12,3°C).