été

  • Un été relativement normal mais …

     

    Comme pratiquement chaque année, l’été (ou une partie de l’été) a été considéré comme mauvais, pourri voire exécrable. Notre civilisation s’est tournée radicalement vers les loisirs et le secteur primaire, principalement orienté vers l’agriculture, n’occupe plus qu’une minorité de notre population. En France ce secteur occupait 43% de la population il y a 100 ans et il n’en n’occupe plus que 5% à l’heure actuelle (source INSEE). La perception de la météo en est fondamentalement changée. La pluie n’est plus une alliée mais est devenue une ennemie. Dans les anciennes cultures, il y avait les sorciers qui imploraient la pluie. Maintenant, il n’y a pratiquement que des lamentations lorsqu’elle nous alimente en eau qui reste un élément vital pour l’homme. Si on pouvait, on ne ferait plus que des journées ensoleillées et à la limite on ne ferait de la pluie que la nuit.

    Mais voilà, la nature n’agit pas selon nos désidératas. Et dans notre climat, qui n’a rien de méditerranéen, un été normal est un été pluvieux et frai. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir la fréquence des journées que nous qualifions d’estivales : une journée estivale est une journée au cours de laquelle la température égale ou dépasse 25°C. À Uccle, la moyenne des trente dernières années nous donne une valeur de 22,9 jours entre le premier juin et le 31 août. Cela représente 1 jour sur 4 de l’été météorologique. Entre 1901 et 2011, on a eu au plus 55 jours (soit 60% des jours de l’été) en 1947 et l’été 1907 n’en n’a compté que 5 jours d’été soit 5% du nombre total des jours de la saison. Cet été 2011 compte 12 jours où la température maximale a égalé ou dépassé 25°C. Une telle valeur est faible, mais en 111 ans on a connu 18 étés avec 12 jours d’été ou moins. On a donc un été sur 6 qui a un nombre de jours d’été avec autant ou moins de 12. Entre 1981 et 2010, on a eu 3 années avec moins de 12 jours d’été : 1981 (11 j.), 1988 (10) et 1998 (11). Ajoutons à cela les années 2000 et 2007 qui ont compté seulement un jour d’été de plus que cette année !

    Finalement, seule la fréquence des jours de pluie a été remarquable avec 61 jours où les précipitations ont été mesurables. Depuis 1833, nous avons 10 années avec 61 jours de pluies ou plus. C’est en 1860 que l’on a eu l’été avec la fréquence de jours de précipitations la plus élevée avec un total de 68 jours. Il faut remonter à 1980 pour trouver un été avec une fréquence de jours pluie plus élevée que cet été.

    Bref un été pas terrible pour la plupart des gens, mais climatologiquement parlant, on ne peut pas considérer cet été comme mauvais : on pourra toujours avoir pire que cette année …

  • La Terre vue de l'Espace : Eté fleuri

    2011-08-24_AlgaeBloomBarentsSea_L.jpg


    L’efflorescence du phytoplancton sur cette image prise par Envisat s’étire en travers de la mer de Barents, au large des côtes du point le plus septentrional de l’Europe continentale, le Cap Nord.
     
    La partie méridionale de cette mer peu profonde – 230 m en moyenne – qui s’étend sur le plateau continental reste largement libre de glaces grâce au courant chaud de la dérive nord-atlantique. Cela contribue à son fort niveau de production biologique comparativement à d’autres océans de latitudes similaires.

    Le phytoplancton dérivant met en évidence les tourbillons des courants océaniques en de spectaculaires spirales bleues et vertes. Ces organismes microscopiques qui flottent à la surface des mers et des océans ou a proximité de celle-ci ont été surnommés « l’herbe de la mer » car ils forment la base de la pyramide alimentaire marine.

    Ces organismes simples jouent également un rôle similaire aux plantes vertes terrestres dans le processus de photosynthèse. Ils sont ainsi capables de convertir des composés inorganiques comme l’eau, l’azote et le carbone en matériaux organiques complexes.

    Grâce à cette capacité à « digérer » ces composés, on estime que le phytoplancton absorbe autant de dioxyde de carbone de l’atmosphère que ses cousins terrestres, ce qui lui confère une très grande influence sur le climat.

    Il est aussi sensible aux changements climatiques, c’est pourquoi il est important de surveiller et de modéliser le phytoplancton dans les calculs sur l’évolution future du climat.

    Bien que la plupart des espèces de phytoplancton soient individuellement microscopiques, la chlorophylle qu’ils utilisent collectivement pour la photosynthèse colore les eaux avoisinantes. Cela permet de détecter ces organismes minuscules depuis l’espace grâce à des capteurs dédiés aux « couleurs océaniques », telles que la caméra MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer) d’Envisat qui a pris cette image le 17 août 2011.

    Source ESA

  • Un été qui a plu car il n’a pas trop plu !

     

    Bilan réalisé le 27 août 2009!

    Cet été a plu à une grande majorité de la population et surtout aux vacanciers. Au vu des chiffres, cela peut sembler curieux car le bilan de cette saison ne donne pas un été à l'image de celle de1976 ou plus près de nous de celle de 2003 qui furent secs et caniculaires. Les chiffres de cette année sont très proches de la normale.

    Le total des précipitations s'élève à 173 mm soit un peu moins que la quantité normale  pour la période 1901-2000 qui est de 216,6 mm. La quantité d'eau a été relevée au cours de 42 jours soit 6 jours de moins que la normale 1901-2000 qui est de 48 jours. La durée d'insolation s'est élevée à 677 h de soleil ; la normale du 20ème siècle étant de 670 h. La température moyenne a été de 18,2°C alors que pourun été normal elle est de 16,5°C. Toutes les valeurs sont normales sauf celle de la température qui est anormalement élevée.

    En 2003, les valeurs correspondantes à la quantité d'eau recueillie, au nombre de jours à précipitations mesurables, à la durée d'ensoleillement et à la température avaient été respectivement de 151,5 mm en 23 jours, 855 h de Soleil et 19,7°C.

    Le facteur le plus déterminant de la bonne qualité de cet été fut la pluie. Bien que pas très éloignées de la normale aussi bien en quantité qu'en nombre de jours, les pluies se sont le plus souvent produites la nuit c'est-à-dire au moment où les gens dorment et ne sont donc pas importunés par les précipitations. De même, il n'y a eu qu'un petit nombre de journées fort peu ensoleillées.

    La température fut également assez favorable. On a enregistré 3 jours de canicule (température maximale supérieure ou égale à 30°C). Il n'y a donc pas un nombre élevé de jours avec des températures que beaucoup d'entre nous considèrent comme trop élevées. En 2003, on avait eu 9 jours de canicule et en 2006, ce nombre atteignait 11.

    En conclusion, la majorité des vacanciers ont eu la possibilité de bien profiter de leurs journées pour réaliser la plupart des activités de plein air qu'ils souhaitaient. Cet été restera dans l'esprit des gens un bel été, ce que les valeurs mesurées à Uccle ne reflètent pas.

     

  • Bilan de l'été 2008

    Été 2008

     

    Nous voici au terme de cet été 2008 qui en a déçu plus d'un car il fut normal ! Seule l'insolation du mois d'août fut anormalement basse. La notion de normalité est basée pour nous climatologues sur des statistiques qui remontent pour certains paramètres à 1833, début des mesures à Bruxelles – Uccle. Mais les valeurs normales sont souvent très loin de l'été idéal que les gens se créent et estiment comme normal. La différence entre les deux : l'objectivité des mesures et la subjectivité du beau temps que l'on souhaite.

    J'imagine aussi que la déception est d'autant plus grande du fait que certains journalistes avaient répercuté l'annonce d'un bel été faite par des centres de prévisions saisonnières. Une prévision saisonnière est fournie en général sous forme de cartes donnant la probabilité qu'une moyenne de température ou un total des précipitations ou d'insolations soit atteint. Par exemple on estime pour tel mois ou telle saison que la l'écart à la normale de la température sera de 2°C ou plus  avec une probabilité de 80%. Cela veut aussi dire que l'on a 20%  de chance que l'écart à la normale de la température sera inférieur à 2°C.

    Cela implique aussi la connaissance de cette normale. Un jour, lors d'une exposition on montrait que la normale de la température moyenne à Uccle est de l'ordre de 17°C (17,1°C en juillet et 16,8°C en août). Une dame est venue me dire de façon agressive que c'était faux et que la température moyenne à Uccle était de 25°C pour les mois de grandes vacances. Malheureusement aussi lors de la présentation du billet météo, on dit trop souvent que les températures sont trop basses pour la saison alors qu'elles sont dans les normes.

    Notre été a été perturbé par plusieurs journées d'orages qui ont localement donné des précipitations abondantes et causé d'important dégât. Ce fut notamment le cas la nuit du 2 au 3 juin, le 13 juin, les 3 et 27 juillet  et encore dans la nuit du 3 au 4 août. Ces orages ont provoqué des débordements de rivières, des ruissellements ravageurs ou encore des coulées de boues envahissant les habitations.

    Malheureusement des régions ont été touchées de façon plus grave par des événements météorologiques comme des moussons très actives en Indes ou des cyclones tropicaux violents dans les Caraïbes ou en Asie. Ne nous montrons pas trop difficile vis à vis du temps quand on est loin de ces événements extrêmes.

     

  • Pourri ce début juillet et pourtant normal.

    5751369bacf8763df5a13fb488b8cc76.png


    Quand on examine les chiffres de ces 20 premiers jours et que l’on compare avec les réflexions des gens que l’on veut bien nous faire entendre, il y a un fossé entre la statistique et le ressenti subjectif des gens.
    Du point de vue température, la moyenne depuis 1901 est de 17,4°C et si on considère une moyenne plus récente comme 1971-2000, cette dernière est de 18,0°C. Quel que soit la moyenne utilisée, le déficit de ce début de juillet, avec 16,7°C reste dans la norme. Les 20 premiers jours de juillet les plus chauds furent notés en 1976 avec une moyenne de 23,0°C et le début juillet le plus froid date de 1907 avec une température moyenne de 13,7°C.
    Les pluies furent également normalement excédentaires : on a relevé au pluviomètre à Uccle 77, 3 mm au cours de ces deux premières décades alors que la moyenne 1971-200 est de 46,3 mm (ou 53,1 mm pour la période 1901-2007). Les extrêmes furent respectivement de 188,5 mm en 1942 pour la période la plus pluvieuse et 0,4 mm pour la plus sèche, cela s’était produit en 1971.
    Le Soleil, le plus désiré par les vacanciers, marque un léger déficit avec 91,4 h, la normale 1971-2000 est de 124,7 h alors que la moyenne 1951-2007 est de 124,1 h. Ce déficit est normal. On est loin des valeurs extrêmes qui sont respectivement de 218,2 h enregistrés en 1959 et 28,2 h, valeur notée en 1980.
    On n’est évidemment pas dans les conditions souhaitées par les vacanciers, mais elles ne sont certainement pas exceptionnelles comme on voudrait le faire dire. Le climat de la Belgique est qualifié de tempéré, humide avec des hivers doux et des étés frais. On est un peu en dessous de ces normes pour les températures et le Soleil et légèrement au-dessus pour les pluies mais cela n’a rien d’anormal en Belgique et on pourrait connaître pire. En outre les prévisions pour la fin de ce mois sont plus favorables pour ceux qui aiment plus chaud, sec et ensoleillé.