Gulf Stream

  • L’arrêt hypothétique du Gulf Stream

    Comme tous les phénomènes géologiques, le Gulf Stream subit des variations. Cet été, on pouvait observer une anomalie positive de la température de l’océan Atlantique, c’est-à-dire une température plus élevée que la normale. Au cours de cet hiver, comme au cours du précédent, on a observé une anomalie négative au niveau du Gulf Stream. Cela fait partie de la variabilité du phénomène tout comme on a une variabilité dans les paramètres climatologiques. L’anomalie négative se situe principalement au niveau des Caraïbes, de l’océan Atlantique au large de la France et de la mer du Nord (voir l’image sur le site de la NOAA : http://www.osdpd.noaa.gov/data/sst/anomaly/2010/anomnight.12.30.2010.gif ). On peut voir aussi qu’il y a une anomalie très positive au sud du Groenland qui a connu au mois de décembre des températures très clémentes.

    Ce n’est pas la première fois que cela se produit. En 1996, nous avions en janvier une situation analogue, ce qui n’a pas empêché d’avoir ensuite des anomalies positives. Cela peut faire partie de cycles océaniques à long terme. Les mesures sont malheureusement trop récentes que pour mettre en évidence de tels cycles qui portent sur plusieurs décennies. Les anomalies de la température des océans peuvent être consultées sur le site : http://www.osdpd.noaa.gov/ml/ocean/sst/anomaly.html.

    Pour le moment c’est la Niña qui sévit dans le Pacifique, cela ne signifie pas que El Niño n’apparaîtra plus. En climatologie tout comme en océanographie, une situation passagère ne signifie pas une situation persistante.

    Quant à l’impact de la pollution suite à la catastrophe du golf du Mexique, on ne peut également pas en déduire que la situation actuelle est corrélée à cet événement. Des anomalies analogues des températures des océans se sont produites avant l’accident. La question serait plutôt de savoir si cette catastrophe a accentué (ou non) l’anomalie actuelle.

    anomnight.12.30.2010.gif

    Anomalie de la température de l'eau océanique de surface au 30/12/2010

    Source NOAA

    Dans l’état de nos connaissances actuelles, l’arrêt du Gulf Stream lié à une fonte massive des glaciers groenlandais et ses conséquences climatiques sur le climat de l’Europe occidental constituent une hypothèse. Plusieurs modèles ne montrent pas de diminution ou d’arrêt du Gulf Stream avant la fin du 21ème siècle. D’ici là, les connaissances aussi bien en climatologie qu’en océanographie auront fait des progrès et les modèles pourront être affinés.

    L’hiver 2009-2010 et ce début d’hiver frais sont la conséquence de l’installation d’un anticyclone relativement persistant sur l’océan Atlantique entre l’Amérique du Nord et l’Europe déterminant des courants maritimes d’origine polaire sur nos régions. Cela conduit à un Index Nord Atlantique (NAO) négatif.

    Je pense que ce que nous vivons à l’heure actuelle sont des situations temporaires et que l’on devrait retrouver des hivers plus normaux voire plus chauds dans l’avenir comme cela avait été le cas après les autres hivers rigoureux que l’on a connus dans le passé (…, 1956, 1963, 1979, 1985, 1986, 1987, 1996, …).

    Autres références :

    http://www.come4news.com/dans-100-ans,-lenfer-des-glaces-104176

    http://la.climatologie.free.fr/amo/amo.htm

    http://www.cpc.noaa.gov/products/precip/CWlink/pna/nao.shtml

  • Le jour d’après

    Ce jeudi 7 décembre RTL-TVI diffusait « Le jour d’après ». C’est une fiction de la catégorie film catastrophe. Comme beaucoup de ces films (« Pic de Dante », « Tremblement de terre », « Armageddon », « Twister »…) il y a un fond de vérité, mais très vite ce genre de film dérive dans des excès cinématographiques. Le scénario du film se base sur l’hypothèse de l’arrêt du « tapis roulant » (« conveyor belt » en anglais). Ce tapis roulant consiste en la circulation marine dont fait partie le Gulf Stream et la dérive Nord Atlantique. La fonte d’une importante partie du glacier qui couvre le Groenland amènerai une grande quantité d’eau douce dans le nord du bassin Atlantique. Cette eau douce, moins salée, ne se mélange pas facilement avec l’eau salée. La conséquence est la disparition de la dérive Nord Atlantique et la douceur qu’elle apporte en Europe occidentale.

    Dans le film, le climatologue Jack Hall a prédit l'arrivée d'une autre période très froide, mais il ne pensait pas que cela se produirait de son vivant. Un changement climatique imprévu et violent à l'échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques catastrophes : inondations, grêle, tornades et vagues de froid. Il faut convaincre le Président des États-Unis d'évacuer le pays pour sauver des millions de personnes en danger. À New York, où la température est inférieure à - 20° C, Jack entreprend une périlleuse course contre la montre pour sauver son fils qui est coincer dans la ville.

    Avant toute chose, c'est un divertissement. Mais c’est dommage qu’il soit poussé à l’extrême. Un exemple : à un moment donné une météorologiste dit que la chute de la température est de 5°C par seconde. Cela entraîne que l’on atteindrait le zéro absolu en moins d’une minute ! Je m’étonne que les conseillers scientifiques n’aient pas relevé cette anomalie. On y montre aussi des ouragans dans des régions où ils ne peuvent pas se développer.
    Bref un film à ne pas prendre pour argent comptant, mais dont il faudra cependant en tirer la conclusion suivante : nos activités industrielles ne sont pas sans conséquence sur la composition chimique de l’atmosphère. Cette modification n’est pas sans conséquence sur le climat, notre santé, la qualité de notre nourriture, etc. Une action contre notre pollution ne serait que salutaire pour l’humanité.

    - Marc Vandiepenbeek