chaleur

  • Il fait « lourd »

    Il fait « douf » - cette expression typiquement belge peut se traduire par : « Il fait lourd ».

    Une caractéristique de notre corps est la régularisation thermique par la transpiration. L'évaporation de la sueur demande d l'énergie; elle va être prise au niveau de la peau. Et cette perte d'énergie au niveau de la peau va se traduire par un refroidissement.

    Une autre caractéristique qui intervient dans cette sensation de temps lourd est la température et sa teneur en vapeur d'eau. Une masse d'air ne peut contenir qu'une masse maximale de vapeur d'eau et ce seuil, qui est appelé la tension de vapeur saturante, varie en fonction de la température. Au plus l'air est chaud, au plus l'air peut contenir de la vapeur d'eau : à 10°C, elle peut contenir 9,4 g/m³, à 20°C elle peut contenir jusqu'à 17,3g/m³ et à 30°C cette valeur monte à 30,3 g/m³. Lorsque la quantité de vapeur d'eau atteint cette valeur maximale, l'humidité relative est de 100%. Si on ajoute de la vapeur d'eau dans cette masse d'air à saturation, l'excès va se transformer en liquide en restituant de l'énergie qu'elle avait acquise lors de l'évaporation. De même si la température diminue, il va y voir condensation de l'excès de vapeur d'eau.

    Si nous transpirons alors que la température est élevée, et que l'atmosphère est saturée en vapeur d'eau, la sueur ne va pas pouvoir s'évaporer et la transpiration va rester sur la peau. On a alors cette sensation de moiteur et en plus la non évaporation ne va pas nous refroidir et la chaleur sera désagréable. Cet inconfort est exprimée par l'expression du temps lourd.

    Mais à 10°Cou moins, à saturation, on n'aura pas cette impression d'inconfort, car comme la température est basse, on ne doit pas refroidir le corps et donc nous ne transpirons pas.

    Dans le cas inverse où la teneur en vapeur d'eau est très faible, nous allons transpirer beaucoup et le refroidissement sera intense et on aura, même à 25°C, une sensation de froid.

  • Frais la nuit, chaud le jour !

    On s’étonne des températures matinales qui peuvent être relativement basses au petit matin alors qu’il fait chaud et même très chaud au cours de l’après-midi. Cette situation se produit le plus souvent au printemps et en automne quand le ciel est dégagé. En effet les nuages agissent comme une couverture. Leur absence permet à la chaleur accumulée de s’évacuer et la nuit se refroidi d’avantage. De plus, la nuit est aussi longue que le jour pendant ces deux périodes. La température diminue toute la nuit, il fait donc froid à l’aube. Par contre, la journée, le Soleil monte déjà haut dans le ciel et il peut faire très chaud l’après-midi. Ceci explique le grand écart des températures entre le jour et la nuit. Il peut même geler au sol, voire dans l’air.

    Au début du printemps, les plantes commencent à sortir de terre. Elles sont donc plus fragiles et le gel peut facilement les détruire. Les plantes touchées par le gel prennent une couleur rousse ou brune. De là l’expression « La lune rousse »  au cours de la période pascale.

  • Encore un record de chaleur.

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    Depuis juillet 2006, de nombreux records de chaleur sont battus. C’est vrai qu’il y a de quoi se poser des questions. Les réunions du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat) à propos du dernier rapport sur le réchauffement global de la Terre et ses conséquences ne sont évidemment pas étrangères à ce genre de questions. Le dernier record qui vient de se produire est la température maximale absolue du mois d’avril observée ce dimanche 15 avril. Dans l’abri fermé à Uccle, la température maximale a été de 28,7°C. Le dernier record date du 20 avril 1968 ; ce jour-là, la température avait atteint 27,8°C. Dans l’abri ouvert, celui qui a été utilisé lors de l’établissement des « événements marquants du 20ème siècle », la température est montée jusqu’à 29,3°C. Le record précédent dans cette série date du 17 avril 1947 avec 28,7°C. La chaleur que nous connaissons au cours de ce début de deuxième décade d’avril est due à un anticyclone qui s’est installé sur la mer Baltique et qui a tendance à s’étirer vers la Grèce. Il en résulte des courants continentaux très chauds.  Cette succession de record peut être due à une anomalie particulièrement longue. Ce genre d’anomalie se produit régulièrement mais quand elle est aussi longue, on observe un nombre impressionnant de records. Une question se pose : Observe-t-on une anomalie passagère remarquable et d’ici quelques semaines, allons-nous revenir à une situation plus normale ou bien est-on en train de vivre un nouveau saut dans les températures, saut qui alors semble important au vu des écarts à la normale actuelle ? La réponse nécessite de la patience. Dans le cas de la première alternative, on pourrait être vite fixé. Mais si c’est la seconde que nous vivons, la confirmation de ce saut ne viendra qu’au bout de quelques années.  
  • Quelques faits météorologiques marquants de 2006

    medium_sun.jpg En cette période de fait d’année, c’est la tradition de faire des bilans et de rappeler quelques événements qui se sont manifestés au cours de l’année. Le bilan chiffré a déjà était présenté ; voici quelques faits marquants de 2006.

    Si le printemps météorologique commence officiellement le premier mars, les conditions hivernales se sont prolongées jusqu’au début de la dernière décade de mars. Début mars on avait encore 7 cm de neige à Uccle et dans certaines régions du pays, de la neige a couvert le sol jusqu’au 19. Beaucoup attendait le retour de conditions plus chaudes avec impatience.

    La chaleur est revenue et elle a également marqué cette année par des excès : deux « vagues de chaleurs » à Uccle, l’une en juin, la plus longue en juillet avec comme conséquence un mois de juillet très chaud : depuis 1833 c’est le mois le plus chaud, tous les mois confondus. Mais c’est l’automne qui a la palme avec un record des plus mémorables ! Il bat le précédent record, qui datait de 2005, de 1,6°C. Ce saut sort vraiment de l’ordinaire.

    L’été restera aussi dans la mémoire des gens suite au contraste que l’on a connu entre le mois de juillet et d’août. Autant juillet fut chaud, ensoleillé et relativement sec, août fut relativement frais, sombre et pluvieux.

    Plusieurs régions du pays ont été touchées par des orages assez violents. Certains étaient accompagnés de pluies très intenses tel celui du 28 juillet qui a mis sous eau la station de métro de Roodebeek à Bruxelles. On avait cette image étonnante de l’eau qui descendait les escalators en cascade. Le littoral a également connu un orage accompagné d’une quantité assez surprenante de grêle. L’épaisseur de la couche des grelons était telle qu’on aurait pu se croire en hiver (voir les photos).

    On a dénombré un nombre important de tornades dans le pays. À l’heure actuelle on en a noté 10. Celle qui a été la plus spectaculaire fut celle de Braine le Comte le premier octobre. Quelques photos ici

    - Marc Vandiepenbeeck

  • Automne 2006 : nouveau record de chaleur

    medium_automne.jpg Après juillet, septembre et la deuxième place du mois d’octobre, l’automne vient compléter logiquement la liste des records de cette curieuse année 2006.

    L'automne 2006 a été très exceptionnellement doux en raison de trois facteurs ayant chacun une importance équivalente. Le premier relève du réchauffement global de la Terre. Ce réchauffement a pour conséquence qu’à présent la température moyenne se situe presque 1°C au-dessus de ce qu'elle était il y a trente ans. Il en résulte un effet particulièrement marqué sur la probabilité d'extrêmes de chaleur, dans laquelle devient dix fois plus grande la chance d'avoir une température record comme celle de cette année.

    Le deuxième facteur est à trouver dans le caractère exceptionnel que nous avons eu, pendant presque toute la saison, de vents orientés dans le secteur sud entraînant de l'air doux vers notre pays. Septembre a également été plus ensoleillé que la normale, mais octobre, malgré un excès important de la température, est légèrement déficitaire en insolation. C’est donc bien un excès de température lié à l’origine méridionale des masses d’air.

    Le troisième facteur réside dans un effet de "séquelle" de l'été. Juillet a été à ce point chaud que, même en septembre, la Mer du Nord était encore nettement plus chaude que la normale, et que la présence de cet été chaud se faisait toujours sentir également dans notre pays.

    Si on examine le degré d'anomalie de cette température en tenant compte du réchauffement climatique, il reste établi qu'il s'agit d'un automne très exceptionnel. Sa période de retour dépasse 500 ans, pour autant que le vent du sud, l'insolation et les autres facteurs encore inexpliqués ne fassent pas partie intégrante de ce réchauffement lui-même. On notera que cette période de retour n’est qu’une estimation, la série de données disponibles ne comportant pas 500 ans mais seulement 174 ans.

    Au début de cet article, il est précisé que c’est logiquement que l’on a battu le record de l’automne. En effet, l’automne météorologique est la moyenne des mois de septembre, octobre et novembre. Septembre ayant battu le record de chaleur et octobre pouvant être considéré comme un sous-record, on avait dès lors toutes les chances de battre le record de chaleur cet automne.

    - Marc Vandiepenbeeck