froid

  • Vague de froid précoce ?

    pict_276241.jpgDans plusieurs médias, on a parlé d’une vague de froid exceptionnelle pour cette fin novembre, début décembre En fait, il y a confusion entre vague de froid qui concerne la température et période neigeuse qui n’est pas nécessairement une période froide. Cette période est néanmoins remarquable pour la période de l'année avec des valeurs basses dans les journées des 1 et 2 décembre.

    Depuis 1889, nous avons eu 36 années où au cours de la troisième décade de novembre, une épaisseur mesurable de neige (épaisseur supérieur ou égale à 1 cm) a été observée à Uccle. La neige la plus précoce est tombée le 8 octobre 1904 mais n’est pas restée au sol. Les première trace de neige au sol avait été observée le 16octobre 1919. Alors que le 30 octobre 1941, on notait 5 cm à 8 h du matin.

    Cette année à Uccle, on relevait 2 cm de neige le 30 novembre, 2 cm le premier décembre, 5 cm le 2 et 7cm le 3. Cela fait bien pâle figure à conté des 21 cm relevé le 25 novembre 2005 et de 33 cm le 28 novembre 1973. Cette année, on est donc loin de ces valeurs remarquables. Cette offensive neigeuse n’a rien de particulier, cela arrive régulièrement. La seule différence qui est liée au saut de température observé en 1988, est que la fréquence des neiges précoces (avant décembre) est passée d’en moyenne une fois tous les 3 anas à une fois tous les 7 ans.

    Du point de vue froid, on a déjà connu pire, sauf pour les températures maximales des 1 et 2 décembre. Les minima sont négatif depuis le 27 avec un minimum de -0,6°C. Les jours suivants, on a eu successivement -4,5°C, -4,4°C, -2,8°C, -5,0°C et -7,2°C. Le valeurs les plus remarquables pour cette période de l’année sont -7,4°C noté les 22 et 23 novembre 1998 et ‑9,6°C et -10,5°C les 29 et 30 novembre 1921. En décembre on -12,1 le 6 de l’année 1931, -10,1 le 3 en 1973.

    Les maxima sont à l’avenant avec depuis le 27, les valeurs suivantes : 2.7, 1.8, -1.6, -0.7, ‑4.9 et -4.5°C pour le 2 décembre. Les deux dernières valeurs sont remarquables. On a eu -4.2°C le 29 novembre 1921, puis il faut aller jusqu’au 9 décembre pour trouver un -5,2°C en 1945. Les températures devraient rester négatives jusque samedi soir. Le thermomètre devrait passer le cap des 0°C dans la nuit de samedi à dimanche.

  • Les Saints de Glace

    Ce 3 mai 2010 fut assez froid pour la saison avec une température qui ne dépassa pas 7,1°C. La valeur la plus basse de la température maximale observée en mai fut de 5,6°C le 15 mai 1935. En moyenne, les maxima sont de l’ordre de 15 – 16°C ; les extrêmes allant de 5 – 6° à plus de 30°C. Ces coups de froid en mai ont été cristallisés dans la tradition des Saints de Glace. Ceux que la mémoire collective a retenus sont Saint Mamert (le 11 mai), Saint Pancrace (le 12) et Saint Servais (le 13). Mais d’autres saints ont aussi leur dicton hivernal, ainsi : « À la Saint-Honoré (le 16), s'il fait gelée, le vin diminue de moitié. ».

    Le printemps est la saison de transition entre l’hiver et l’été. Si le début de la saison est généralement encore hivernal et la fin estivale, entre les deux on peut connaître les deux types de temps. Ainsi, au mois d’avril, des températures de plus de 25°C (jours d’été) peuvent déjà être relevées comme en ce jour d’été très précoce du 4 avril 1946. En revanche, des jours de gel peuvent encore se produire dans la première moitié de mai. Ainsi à Uccle, on encore eu un jour de gel (température minimale inférieur à 0°C) le 16 mai 1941. Cela contraste énormément avec les Saints de Glace de 1998 qui furent les plus chauds à Uccle depuis 1921. Cette année-là, on enregistra plus de 30°C aux trois dates de ces saints traditionnellement voués à l’hiver.

    La mémoire populaire a associé ces retours sporadiques de périodes froides (les dernières de la saison ?) au mois de mai. Mais en fait on les a fixé en moyenne aux 11, 12 et 13 mai. On le voit dans les statistiques, on peut avoir des périodes déjà chaudes qui sont suivies de retour d’air froid comme ce fut le cas cette année-ci avec une température qui monta jusqu’à 25,6°C le 29 avril et cinq jours plus tard ne dépassait plus 7,1°C : presqu’une chute de 20°C.

    La cause de ce phénomène se situe dans les situations atmosphériques que l’on peut observer sur notre pays. Les masses d’air qui déterminent le plus souvent notre temps sont associées à des dépressions en évolution depuis l’océan Atlantique vers l’Europe de l’Est. Au cours de ce déplacement, nos régions sont successivement soumises à des masses qui viennent du sud puis qui sont remplacées par des masses d’air venant du nord. Les régions tropicales sont caractérisées par un climat qui ne connaît pas de grandes amplitudes saisonnières de températures. La combinaison de ces masses d’air et en cas de ciel serein, d’un apport de plus en plus important d’énergie avec le Soleil qui monte de plus en plus haut dans notre ciel, permet aux températures d’atteindre dans les cas les plus favorables des températures de plus de 25°C en avril et bien entendu en mai. Mais, lorsque la masse d’air qui vient des régions méridionales est remplacée par des masses d’air qui viennent du nord de l’Europe, la température peut chuter de façon remarquable. Issues de régions qui sortent à peine de l’hiver, ces masses d’air peuvent donc encore être très froides. Dans le cas de cette année, la masse d’air tropicale qui déterminait notre temps à la fin du mois d’avril a été remplacée par de l’air polaire venant du cercle polaire suite au développement d’un anticyclone qui s’étirait depuis l’Ouest de l’Irlande jusqu’en Islande. Le contraste fut particulièrement spectaculaire en France où la température chuta localement de plus de 20°C notamment à Toulouse. Comme des zones de précipitations accompagnaient cet air froid, des chutes de neige se produisirent même à des altitudes relativement basses. À Uccle, en 1986, on a eu 4 jours de neige en mai et 3 en 1979.

    Les Saints de Glace se situent une septantaine de jours après le début du printemps météorologique ; on a le même écart temporel avec l’été de la Saint Martin (le 11 novembre) et le début de l’automne météorologique. Le mécanisme est le même sauf qu’après avoir connu des périodes qui annoncent l’hiver, le retour de masses d’air venant du sud ramène une chaleur rappelant l’été.

  • La vague de froid de l’hémisphère Nord vu par l’OMM

    L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) est une institution qui dépend de l’ONU qui fait autorité pour tout ce qui concerne l’état et le comportement de l’atmosphère terrestre, son interaction avec les océans, le climat qui en est issu et la répartition des ressources en eau qui en résulte.

    Dans son numéro de MétéoMonde de février 2010, elle fait le point sur la vague de froid qui a sévi dans l’hémisphère Nord :

    « En janvier 2010, les experts de l’OMM ont répondu aux questions de la presse internationale concernant la vague de froid qui sévissaient dans l’hémisphère Nord. Grâce aux informations transmises par les Membres, ils ont expliqué que ce phénomène météorologique était dû à un blocage de la circulation atmosphérique dans un vaste couloir Nord-Sud. Les météorologistes connaissent bien ce phénomène ; il est généralement associé à des oscillations de l’atmosphère, qui ont été fortes depuis le milieu du mois de décembre 2009, par exemple l’oscillation arctique. On anticipait un radoucissement des températures dans la partie ouest et sud de l’Europe occidentale à partir du milieu de janvier. Les scientifiques ont toutefois signalé que le grand froid s’attarderait sûrement dans plusieurs régions et que d’autres conditions difficiles surviendraient sans doute pendant l’hiver boréal, ce qui est parfaitement normal. »

    Qu’est-ce qu’un blocage ?

    Dans une situation normale, les dépressions circulent en hiver d’ouest en est entre les latitudes de 40° et 50° Nord. Parfois un anticyclone se développe dans ce couloir. Dans ce cas, soit la dépression dévie sa trajectoire et contourne cette zone de haute pression, soit elle ne peut plus passer et stationne tant que cet anticyclone se trouve sur son chemin. On parle alors d’une situation de blocage. Cette situation peut durer de quelques jours à plusieurs semaines.

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  • Hiver 2010

    La période de froid se termine progressivement dans le pays. À ce jour, seules dans la province de Liège, les rigueurs hivernales persistent. Ce n’est pas parce que cet épisode se termine que l’hiver ne peut encore montrer le bout de son nez. Ainsi à Uccle, en mai 1986, on observait 4 jours avec des chutes de neige.

    Pour les deux mois, décembre et janvier, on a observé, à Uccle, une température moyenne de 1,5°C alors que la moyenne 1833-2010 est de 2,5°C et que l’on peut considérer la valeur de cette année comme normale. C’est le couple décembre 1879 - janvier 1880 qui est le plus froid avec une température moyenne de -3,4°C soit 5°C de moins que cette année. Il est bien évident que cet hiver est en revanche à considérer comme froid par rapport au dernier saut de température observé après 1988. En effet, la température moyenne, entre 1988 et 2010, est de 3,9°C ce qui entraîne un écart plus important que les hivers doux que nous avons connus ces dernières années.

    Le froid s’est installé en 3 épisodes : on a eu des températures minimales inférieures à 0°C entre le 13 et le 22 décembre, puis entre le 28 décembre et le 15 janvier et du 25 au premier février (avec un jour sans gel le 28). Un seul jour, la température est descendue en-dessous de ‑10°C : le 19 décembre.

    Il n’est pas évident de comparer deux périodes de décembre à janvier. En effet, si les températures moyennes des deux périodes sont respectivement 1,8°C pour 2009 et 1,5°C pour 2010, les deux débuts d’hiver sont quand même assez différents : on a eu 4 jours de très grands froids en 2009 et un seul en 2010 ; en revanche, on a eu 5 jours d’hiver (Tx < 0°C) en 2009 et 12 pour cette année, alors que la différence entre 2009 et 2010 pour les jours de gel (Tn <0°C) est moins nette avec respectivement 30 et 35 jours de gel. Une dernière différence, au niveau des températures, est, qu’en 2009, on a eu une seule période froide alors que, cette année, on a eu 3.

    Depuis la hausse de température de 1988, les doublets froids (décembre plus janvier) se sont produits en1996 (1,5°C), 1997 (0,3°C), 2009(1,8°C) et 2010 (1,5°C). Une période chaude ne veut pas dire que la variabilité climatique a disparu. On a une moyenne différente mais les températures restent variable autour de cette moyenne avec toujours des possibilités de connaître des périodes froides. De même, une période froide, ne signifie pas la fin de la période chaude que l’on a depuis 1988. Après 1997, on a eu 9 doublets plus chauds que la norme et le plus chaud fut celui de 2007 avec 6,6°C !

    Le climat est évalué sur une longue période et les normales standards sont calculées sur 30 ans. On ne peut donc tirer de conclusions à partir d’un (dernier) point de la série pour en déduire la tendance vers laquelle le futur va s’orienter.

     

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  • Hivers froids

    Les derniers hivers froids

    Les périodes de grand froid sont des événements extrêmes et par conséquent rares. Une vague de froid n’est pas aisée à définir car plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte : la durée, l’intensité (soit par le moment le plus froid, soit par la température moyenne au cours de la période de gel, soit par le nombre de jours avec une température en dessous d’un certain seuil, …). Beaucoup considère aussi la présence de neige au sol comme critère d’hiver rigoureux ce qui n’est pas toujours vrai car des périodes de froid peuvent commencer sans précipitations qui précédent l’arrivée du froid.

    Le matin de ce 6 janvier à Uccle, la température est descendue en dessous de – 10°C et s’est produite autour de 9 h. La dernière fois que cette valeur de -10°C avait été franchie remonte au 3 janvier 1997. Au cours de cet hiver 1996-1997 on a observé 6 jours en dessous de -10°C avec un minimum de -14,0°C le 1er et le 2. Le minimum à cette date dans le pays était observé à Elsenborn avec ‑21,4°C. Ensuite, il faut remonter à février 1991 pour retrouver 4 jours avec des valeurs inférieures à -10°C. C’est au cours des trois hivers 1984-1985, 1985-1986 et 1986-1987 que l’on a eu assez bien de jours avec des minima en dessous de ce seuil de -10°C. Le tableau ci‑ dessous reprend la fréquence annuelle des jours très froids.

     

    Année

    Jours avec des minima en dessous de -10°C

    1954

    8

    1955

    1

    1956

    19

    1960

    3

    1961

    2

    1962

    1

    1963

    18

    1964

    1

    1966

    3

    1968

    4

    1969

    1

    1970

    1

    1971

    2

    1972

    1

    1973

    1

    1976

    3

    1978

    1

    1979

    5

    1982

    2

    1985

    14

    1986

    2

    1987

    5

    1991

    4

    1996

    3

    1997

    3

    L’hiver 1962-1963 a été le plus froid avec une température moyenne de -2,0° pour cette saison et on y a totalisé 19 jours de très grand froid. Au cours de cet hiver, il y a eu 96 jours consécutifs de gel (température minimale inférieure à 0°C) à la Baraque Michel entre le 1er décembre 1962 et le 6 mars 1963. Février 1956 fut un mois particulièrement froid avec 19 jours de très grand froid et une température minimale moyenne inférieure à ce seuil de -10°C. À Uccle, la température la plus basse au cours de ces 30 dernières années fut de -16,9°C le 8 janvier 1985.

    Les hivers les plus marquants furent 1942, 1947, 1956, 1963, 1979, 1985, 1986, 1987 et 1997. Les grosses couches de neige ne correspondent pas nécessairement à ces hivers. La dernière fois que la couche de neige a atteint plus d’un mètre sur les Hauts Plateau fut en mars 1988.