neige

  • Après une décade très ensoleillée en mars une première décade d'avril chaude

    Première décade

    Du 1 au 2, notre pays a été sous l’influence de courants maritimes associés à un anticyclone en évolution depuis la France vers l’Europe de l’Est. Du 3 au 5, notre temps a été déterminé par des courants maritimes associés à une vaste dépression sur l’océan Atlantique. Du 6 au 7, un anticyclone s’étendant depuis la France jusqu’en Pologne a ramené des courants plus secs. Du 8 au 10, le déplacement de l’anticyclone vers les Îles Britanniques puis vers la mer du Nord, a rendu ces courants polaires puis continentaux.

    La température moyenne à Uccle est très exceptionnellement élevée avec une valeur de 13,4°C (norm. : 8,6). Cette valeur est la deuxième la plus élevée depuis 1901, le record date de 1974 avec 13,7°C. L’insolation est anormalement excédentaire : on a enregistré 73,1 h de Soleil (norm. : 48,7 h). Le total des précipitations est normal avec 7,3 mm (norm. : 16,0 mm).

  • Mais où sont les neiges d’antan ?

    Je vous souhaite un joyeux Noël et une très bonne année 2011

    Ce mois de décembre est particulièrement neigeux, tellement neigeux que le nombre de jours où les précipitations sont en tout ou en partie de neige a atteint le chiffre 18 ce 23 décembre 2010.

    Cette valeur dépasse les 15 jours de chutes de neige observées en 1950. C’est un record assez remarquable compte tenu du réchauffement climatique que l’on observe en Belgique. Mais la moyenne 1901-1987 est de 4,3 jours de neige et cette moyenne est descendue à 4.1 jours entre 1988 et 2010. Cette différence n’est pas significative et l’on peut considérer que l’évolution temporelle  des nombres de jours de neige est stable. Cette valeur a une grande variabilité et oscille de 0 à 18 jours (à ce jour).

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    Depuis 1901, le nombre de mois où il n’y a eu aucun jour de neige à Uccle est de 13 en décembre. Ce nombre est de 9 pour janvier et 14 pour février. Pour les trois mois d’hiver, il y a eu deux années avec 1 jour de neige (1990 et 2008). Même l’hiver ne répond pas (encore) au réchauffement climatique. On devra donc s’attendre à garder des périodes de neige, même si elles auront sans doute tendance à devenir plus rares.

  • Orage et neige

    Un phénomène relativement rare a été observé hier le 16 décembre 2010 : des orages accompagnés de neige se sont produits dans la région namuroise. J’en ai déjà observé personnellement. Mais ces événements semblent curieux car on associe orage avec chaleur et donc l’association d’orage avec de la neige semble impossible pour certains.

    Et pourtant, les orages en hiver sont relativement nombreux et depuis que l'IRM dispose du système SAFIR qui détecte les éclairs et détermine leur position avec une relativement grande précision, on en observe plus qu’avant. Actuellement, le nombre moyen d’orages observés au cours des mois d’hiver (décembre, janvier et février) est de 7. En 1990, on a même observé 18 jours d’orages.

    Les orages de neige arrivent en présence d’une masse d’air polaire et se produisent au niveau du front froid. C’est exactement ce qui s’est passé ce 16 décembre lorsqu'un front froid a traversé la Belgique (voir graphique)

     

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    On voit clairement le passage du front vers 18 h 30 à Uccle (temps local, 5 :30 pm temps universel). Des éclairs ont été observés avec SAFIR vers 19 h 15 et 19 h 50 dans la région Namuroise. Les orages sont quasiment toujours des orages associés à un front froid en hiver.

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    Carte SAFIR du 16/12/2010 (source IRM)

    Lorsqu’une masse d’air froid pousse de l’air chaud, on observe un soulèvement rapide de l’air chaud car cet air est plus léger que l’air froid. Ce mouvement permet le développement d’un cumulonimbus. Ce qui est important c’est, entre autre, la différence de température entre les deux masses d’air. En été, cela peut donner des orages très violents comme celui qui a traversé la Belgique le 14 juillet de cette année. En hiver, ils sont généralement peu actifs et très localisés car l’énergie disponible est moins grande par temps froid.

    L’événement est rare car les deux phénomènes indépendamment l’un de l’autre sont rares. Leur combinaison est donc d’autant plus rare. Fin janvier 2004, un phénomène d’orage accompagné de neige s’était déjà produit. Depuis le début du siècle, ce phénomène a été observé à plusieurs reprises dans le pays : 2001, 2002, 2003, 2004, 2005 et 2006 pour un total de 10 jours où cette situation a été constatée. Ce n’est donc pas un phénomène si rare que cela en Belgique, mais vu que c’est très localisé, c’est assez rare ponctuellement.

  • Les deux premières décades de décembre

     

    La température moyenne à Uccle des deux premières décades de décembre est exceptionnellement basse. Cette valeur s’élève à -0,9°C et prend la quatrième position des débuts d’hiver météorologique les plus froids et elle partage cette place avec 1969, série qui débute en 1901.

    Le record date de 1933 avec une température moyenne de -4,2°C. Viennent ensuite les années 1927 et 1963 avec respectivement -1,8°C et -1,0°C.

    Les valeurs du total des précipitations et de la durée d’ensoleillement sont normales avec respectivement 57,8 mm (norm. : 51,3 mm) et 28,8 h de Soleil (norm. : 31,1 h).

    Le nombre de jours de chute de neige est également exceptionnel avec un total de 15 jours. Cette valeur égale le record du mois entier qui a été enregistré à Uccle en 1950. Ce record sera sans doute dépassé selon les prévisions disponibles actuellement.

  • De l’or blanc au chaos blanc

    La neige fait le bonheur des skieurs mais le malheur des automobilistes et des piétons. Dès que les Hautes Fagnes se revêtent d’un manteau blanc, c’est la course pour profiter de ces rares moments de bonheur pour les amoureux de sport de glisse.

    Mais si cela glisse pour les skieurs, cela glisse aussi pour les autres. C’est le revers de la médaille. Et ces derniers jours, nous avons été témoins directement ou indirectement des difficultés des se déplacer lors d’événements neigeux. Quoi de plus normal et pour plusieurs raisons :

    · La neige est un élément solide de l’eau. Sa présence au sol est déjà en soi une contrainte au mouvement

    · De plus, elle subit des changements au cours du temps. Elle est tassée par le passage des véhicules ou des piétons. On a déjà tous constaté que, lorsqu’on se déplace sur un trottoir enneigé très fréquenté, cela devient de plus en plus difficile de garder son équilibre et s’il y a encore de la neige fraîche, il vaut mieux passer par cet espace.

    · La neige au sol change aussi avec les variations de température. En cas de gel permanent, elle durcit et devient craquante. Mais le plus dangereux sont les phases de gel et dégel. Dans ce cas, la neige change de nature : elle passe a l’état liquide et puis solide. Ce n’est plus de la neige mais de la glace qui est beaucoup plus glissante que la neige elle-même.

    Sa présence sur les routes complique les déplacements et la moindre pente devient un piège pour les véhicules qui l’abordent. Le meilleur conseil est donc de ne pas se déplacer dans ces circonstances. Les prévisions sont devenues suffisamment fiables pour en tenir compte. Ces prévisions sont difficiles car il n’est pas évident de prévoir l’épaisseur de neige qui va s ‘accumuler. Et les zones de transition sont en outre difficiles à définir en fonction de la limite du 0°C et du remplacement de la neige en pluie.

    Ce début d’hiver est plus neigeux que d’habitude : à Uccle, on a déjà noté 14 jours de chute de neige alors que la moyenne 1901-2009 est de 4,1 jours et si on prend la moyenne des 30 dernières années, on a 3,5 jours. Avec la valeur arrêtée au 19/12, on se situe parmi les 2 mois de décembre où l’on a le plus grand nombre de jours avec des chutes de neige. Le cumul de novembre à maintenant est très exceptionnel  À ce jour, on a 20 jours de précipitations neigeuses. On a ainsi dépassé les records de 1919, 1923 et 1925 !

    Une question revient régulièrement lors de situation relativement froide : et le changement de climat dans tout cela ? La réponse est courte : la Belgique n’est qu’un tout petit point sur la Terre, et l’Europe n’a pas beaucoup de poids non plus. De plus le changement de climat intervient sur de très longues durées. La période, même si elle paraît longue, est courte à l’échelle du changement.

    Autre question : faut-il investir ? Oui et non. Si l’investissement est fait dans le but de sauver des vies ou de diminuer le risque de blessures, alors oui il faut investir. Maintenant, s’il s’agit de réduire des inconvénients à nos vies de routine, ma réponse est non. La fréquence de ces événements est beaucoup trop faible que pour investir des millions d’euros à cette fin. Il faut admettre de temps en temps que la nature est au-dessus de l’homme et qu’il faut parfois se plier à ses exigences.

    Cette année, les compagnies aériennes ont été particulièrement gênées par des conditions atmosphériques particulières. En avril, l’espace aérien était fermé suite à la présence de cendres volcaniques émise par le volcan islandais Eyjafjöll. Et ces derniers jours, la présence de la neige au sol a entravé les atterrissages et décollages des avions.