perturbations

  • De l’or blanc au chaos blanc

    La neige fait le bonheur des skieurs mais le malheur des automobilistes et des piétons. Dès que les Hautes Fagnes se revêtent d’un manteau blanc, c’est la course pour profiter de ces rares moments de bonheur pour les amoureux de sport de glisse.

    Mais si cela glisse pour les skieurs, cela glisse aussi pour les autres. C’est le revers de la médaille. Et ces derniers jours, nous avons été témoins directement ou indirectement des difficultés des se déplacer lors d’événements neigeux. Quoi de plus normal et pour plusieurs raisons :

    · La neige est un élément solide de l’eau. Sa présence au sol est déjà en soi une contrainte au mouvement

    · De plus, elle subit des changements au cours du temps. Elle est tassée par le passage des véhicules ou des piétons. On a déjà tous constaté que, lorsqu’on se déplace sur un trottoir enneigé très fréquenté, cela devient de plus en plus difficile de garder son équilibre et s’il y a encore de la neige fraîche, il vaut mieux passer par cet espace.

    · La neige au sol change aussi avec les variations de température. En cas de gel permanent, elle durcit et devient craquante. Mais le plus dangereux sont les phases de gel et dégel. Dans ce cas, la neige change de nature : elle passe a l’état liquide et puis solide. Ce n’est plus de la neige mais de la glace qui est beaucoup plus glissante que la neige elle-même.

    Sa présence sur les routes complique les déplacements et la moindre pente devient un piège pour les véhicules qui l’abordent. Le meilleur conseil est donc de ne pas se déplacer dans ces circonstances. Les prévisions sont devenues suffisamment fiables pour en tenir compte. Ces prévisions sont difficiles car il n’est pas évident de prévoir l’épaisseur de neige qui va s ‘accumuler. Et les zones de transition sont en outre difficiles à définir en fonction de la limite du 0°C et du remplacement de la neige en pluie.

    Ce début d’hiver est plus neigeux que d’habitude : à Uccle, on a déjà noté 14 jours de chute de neige alors que la moyenne 1901-2009 est de 4,1 jours et si on prend la moyenne des 30 dernières années, on a 3,5 jours. Avec la valeur arrêtée au 19/12, on se situe parmi les 2 mois de décembre où l’on a le plus grand nombre de jours avec des chutes de neige. Le cumul de novembre à maintenant est très exceptionnel  À ce jour, on a 20 jours de précipitations neigeuses. On a ainsi dépassé les records de 1919, 1923 et 1925 !

    Une question revient régulièrement lors de situation relativement froide : et le changement de climat dans tout cela ? La réponse est courte : la Belgique n’est qu’un tout petit point sur la Terre, et l’Europe n’a pas beaucoup de poids non plus. De plus le changement de climat intervient sur de très longues durées. La période, même si elle paraît longue, est courte à l’échelle du changement.

    Autre question : faut-il investir ? Oui et non. Si l’investissement est fait dans le but de sauver des vies ou de diminuer le risque de blessures, alors oui il faut investir. Maintenant, s’il s’agit de réduire des inconvénients à nos vies de routine, ma réponse est non. La fréquence de ces événements est beaucoup trop faible que pour investir des millions d’euros à cette fin. Il faut admettre de temps en temps que la nature est au-dessus de l’homme et qu’il faut parfois se plier à ses exigences.

    Cette année, les compagnies aériennes ont été particulièrement gênées par des conditions atmosphériques particulières. En avril, l’espace aérien était fermé suite à la présence de cendres volcaniques émise par le volcan islandais Eyjafjöll. Et ces derniers jours, la présence de la neige au sol a entravé les atterrissages et décollages des avions.