record

  • Records d'un jour

    - Les records d'un jour n'ont pas beaucoup de signification à cause de la très grande variabilité d'un jour à l'autre de la température. Ainsi en janvier 2002, on a eu 13,6°C les 27, 28 et 30 janvier. Cette valeur est un record pour le 27 et le 30 mais elle est inférieure au 14,0°C enregistré le 28 janvier 1949. Il est déjà arrivé qu'une valeur élevée au cours d'un mois ne soit pas un record d'un jour mais qu'une valeur plus basse la veille ou le lendemain le soit ! Quel est dès lors la valeur la plus remarquable ? C'est pour cela que je ne veux pas descendre en dessous des records par décade. C'est vraiment un minimum. Si on avait eu les 21,7°C à Uccle le 19 mars on aurait battu un record d'un jour mais le hasard de la situation météorologique a fait qu'elle s'est produite le 17 et que cette date là on à eu plus chaud en 1990.
    - La deuxième raison est que l'on ne peut pas comparer une valeur remarquable dans une station avec des valeurs observées dans une autre. J'ai souvent vu des journalistes prendre la valeur mesurée à Kleine Brogel et en tirer la conclusion que c'est un record parce qu'elle dépasse la valeur record du jour mais à Uccle. Le climat de la Campine, n'est pas celui du Littoral, du centre du pays, de la vallée de la Meuse, des Fagnes, …

     

    Dans le cas du 17 mars 2005 et dans bien d'autres cas, les journalistes parlent de records parce que cela fait bien cela fait vendre alors que ce qu'il publie est une mauvaise interprétation de ce qui leur est communiqué. Il l'interprète de manière à avoir du sensationnel. Les médias ont perdu leur rôle d'information au profit de créer des sensations uniquement dans le but d'augmenter leur audimat ! Dans le livre de René Chabout, La météo question de temps (1993, éd. Nathan), il y a un encadré intitulé "Une pluie … de records". Il suffit de démultiplié les paramètres et les possibilités. Avec la température journalière la plus haute et/ou la plus basse des maxima et des minima journaliers, cela donne 1460 records à battre dans l'année pour une station. Avec 178 stations thermométriques dans le pays cela donne 259 880 records possibles en un an.
    Par contre rien n'empêche de qualifié de remarquable la journée du 17 mars mais elle n'entre pas dans les annales. Le record de mars pour la station d'Uccle reste le 23.0°C enregistré le 30 mars 1968. Nous connaîtrons encore des journées de cet acabit dans les mois à venir. Et si l'on compte le nombre de fois que la presse fait la une avec ce genre de record on voit bien que cela n'a rien d'exceptionnel puisqu'ils en font deux, trois ou plus par an !
  • Quand on dit n'importe quoi à l'agence Belga

    Grâce à mon « collègue » David Dehenauw, on compare dans la presse Pâques qui tombe un 17 avril avec Pâques qui tombe le 24 avril ! Il améliore les choses avec une comparaison de ce qui se passe à Uccle avec ce que l’on observe à Kleine Brogel.

    Voici ce qui est paru dans un communiqué Belga :

     

    Le week-end pascal le plus chaud depuis 1949

    En 1949, le mercure avait atteint les 28°C
    Le record du week-end de Pâques le plus chaud n’a pas été battu en Belgique. « En 1949, nous avions enregistré plus de 28ºC à Pâques », confirme David Dehenauw de l’IRM. « Aujourd’hui/dimanche, la température n’était que de 23,8ºC à Uccle. »

    « En ce qui concerne le centre du pays, il s’agit du jour de Pâques le plus chaud depuis au moins 100 ans », analyse le météorologue Eddy De Mey. « Mais vu que Pâques est un jour de fête dont la date varie tous les ans, les comparaisons ne sont pas correctes. Il y a trois ans, il neigeait. Pâques tombait alors en mars et ce jour-là, il y avait 40 cm de neige en Ardenne. »

    La Campine a été dimanche, pour le troisième jour d’affilée, la région la plus chaude d’Europe. Sur la base aérienne de Kleine Brogel, dans le Limbourg, on a enregistré 27,8ºC, après des températures de 29,5ºC samedi et 28,6ºC vendredi. La journée de jeudi, avec ses 27,8º, avait déjà occupé la deuxième place sur le podium européen.

    Dimanche, cinq points officiels de mesure en Belgique figurent dans le top-15 européen.

    La Dernière Heure

    LaLibre

     

    Ou selon les médias qui diffudent le communiqué :

    Le record du week-end de Pâques le plus chaud n'a pas été battu en Belgique. "En 1949, nous avions enregistré plus de 28°C à Pâques", confirme David Dehenauw de l'IRM. "Aujourd'hui/dimanche, la température n'était que de 23,8°C à Uccle."

    La plus haute température a été enregistrée dimanche à Kleine Brogel, dans le Limbourg, où le mercure a grimpé jusqu'à 28,5°C. KWO/VAD/

    LaLibre

    Comment un scientifique peut-il faire une telle comparaison ? On ne peut comparer le temps de deux dates différentes même si ces deux dates s’appellent Pâques, fête mobile dans le calendrier chrétien. Ne perdons pas de vue que Pâques peut tomber entre le 22 mars et le 25 avril.

     

    Autant comparer Charles Rogier (premier ministre de 1847 à 1852) avec Yves Leterme premier ministre du 20 mars au 30 décembre 2008 et du 25 novembre 2008 - ???). Mais bon ce sont de premiers ministres !

    Si Belga se permet de telles assertions en climatologie (David Dehenauw n’est pas climatologue mais prévisionniste à l’IRM), que penser des assertions dans les autres domaines de l’actualité. Peuvent-ils impunément dire n’importe quoi ?

    Les valeurs ne sont en outre pas correctes  le 17 avril 1949, le maximum observé à Uccle était de 27,7°C. Ce 24 avril, le maximum enregistré à Uccle était de 25,6 °C.

     

  • Mais où sont les neiges d’antan ?

    Je vous souhaite un joyeux Noël et une très bonne année 2011

    Ce mois de décembre est particulièrement neigeux, tellement neigeux que le nombre de jours où les précipitations sont en tout ou en partie de neige a atteint le chiffre 18 ce 23 décembre 2010.

    Cette valeur dépasse les 15 jours de chutes de neige observées en 1950. C’est un record assez remarquable compte tenu du réchauffement climatique que l’on observe en Belgique. Mais la moyenne 1901-1987 est de 4,3 jours de neige et cette moyenne est descendue à 4.1 jours entre 1988 et 2010. Cette différence n’est pas significative et l’on peut considérer que l’évolution temporelle  des nombres de jours de neige est stable. Cette valeur a une grande variabilité et oscille de 0 à 18 jours (à ce jour).

    neige_dec.png

     

    Depuis 1901, le nombre de mois où il n’y a eu aucun jour de neige à Uccle est de 13 en décembre. Ce nombre est de 9 pour janvier et 14 pour février. Pour les trois mois d’hiver, il y a eu deux années avec 1 jour de neige (1990 et 2008). Même l’hiver ne répond pas (encore) au réchauffement climatique. On devra donc s’attendre à garder des périodes de neige, même si elles auront sans doute tendance à devenir plus rares.

  • Vague de froid précoce ?

    pict_276241.jpgDans plusieurs médias, on a parlé d’une vague de froid exceptionnelle pour cette fin novembre, début décembre En fait, il y a confusion entre vague de froid qui concerne la température et période neigeuse qui n’est pas nécessairement une période froide. Cette période est néanmoins remarquable pour la période de l'année avec des valeurs basses dans les journées des 1 et 2 décembre.

    Depuis 1889, nous avons eu 36 années où au cours de la troisième décade de novembre, une épaisseur mesurable de neige (épaisseur supérieur ou égale à 1 cm) a été observée à Uccle. La neige la plus précoce est tombée le 8 octobre 1904 mais n’est pas restée au sol. Les première trace de neige au sol avait été observée le 16octobre 1919. Alors que le 30 octobre 1941, on notait 5 cm à 8 h du matin.

    Cette année à Uccle, on relevait 2 cm de neige le 30 novembre, 2 cm le premier décembre, 5 cm le 2 et 7cm le 3. Cela fait bien pâle figure à conté des 21 cm relevé le 25 novembre 2005 et de 33 cm le 28 novembre 1973. Cette année, on est donc loin de ces valeurs remarquables. Cette offensive neigeuse n’a rien de particulier, cela arrive régulièrement. La seule différence qui est liée au saut de température observé en 1988, est que la fréquence des neiges précoces (avant décembre) est passée d’en moyenne une fois tous les 3 anas à une fois tous les 7 ans.

    Du point de vue froid, on a déjà connu pire, sauf pour les températures maximales des 1 et 2 décembre. Les minima sont négatif depuis le 27 avec un minimum de -0,6°C. Les jours suivants, on a eu successivement -4,5°C, -4,4°C, -2,8°C, -5,0°C et -7,2°C. Le valeurs les plus remarquables pour cette période de l’année sont -7,4°C noté les 22 et 23 novembre 1998 et ‑9,6°C et -10,5°C les 29 et 30 novembre 1921. En décembre on -12,1 le 6 de l’année 1931, -10,1 le 3 en 1973.

    Les maxima sont à l’avenant avec depuis le 27, les valeurs suivantes : 2.7, 1.8, -1.6, -0.7, ‑4.9 et -4.5°C pour le 2 décembre. Les deux dernières valeurs sont remarquables. On a eu -4.2°C le 29 novembre 1921, puis il faut aller jusqu’au 9 décembre pour trouver un -5,2°C en 1945. Les températures devraient rester négatives jusque samedi soir. Le thermomètre devrait passer le cap des 0°C dans la nuit de samedi à dimanche.

  • Déficit d’insolation remarquable ce mois de novembre !

    Ce mois de novembre n’est pas encore terminé, on peut cependant déjà dire que l’insolation a été remarquablement basse. À ce jour (29/11/10), on n’a enregistré que 23,8 h de Soleil. Il reste deux jours (aujourd’hui 29 et demain le 30). Mais les prévisions ne donnent pas un ensoleillement important pour ces deux journées et le total des heures de Soleil ne devrait pas augmenter de façon notable.

    Le mois de novembre le plus sombre date de 1922 et on y avait totalisé 21,0 h de Soleil. Ensuite viennent les années 1927 et 1946 avec 26,2 h de Soleil. Cette année, la durée d’insolation pourrait rester inférieure à ces 26,2 h et on aurait ainsi le deuxième mois de novembre le plus sombre depuis 1887, début des observations héliographiques à Uccle. Au cas où le ciel permettrait d’avoir plus de 2,7 h de Soleil pour les 29 et 30, le mois de novembre perdrait son caractère ‘très exceptionnel’. En dessous de 27,2 h, il serait qualifié d’exceptionnel. Entre 27,2 h et 36,7 h, on se trouverait dans la tranche « très anormal »

     

    Code

    Niveaux d'anormalité

    Phénomène égalé ou dépassé en moyenne une fois tous les

    n

    normal

    -

    a

    anormal

    6 ans

    ta

    très anormal

    10 ans

    e

    exceptionnel

    30 ans

    te

    très exceptionnel

    100 an