statistiques

  • Juillet pourri ?

    Pour beaucoup de gens ce fut à nouveau la surprise d’entendre que ce mois de juillet était normal. Pour eux, ce fut un mauvais mois : froid, sombre et pluvieux. Certains m’ont même demandé si on battait des records de pluviosité. La notion de beau temps ne correspond pas avec le climat belge.
    En effet, notre climat est tempéré avec une influence maritime à hivers doux et étés frais. Ce qui n’empêche pas d’observer des périodes de beau temps quand un anticyclone vient se placer au voisinage de notre pays.

    L’influence maritime se traduit par une fréquence élevée de jours de pluie. De deux jours de pluie sur trois en hiver, la fréquence en été est de l’ordre d’un jour sur deux. Comme le beau temps s’associe avec « absence de pluie » il est certain qu’un mois de juillet normal est d’office mauvais. Cette influence maritime se traduit également par une nébulosité abondante. Nous n’avons pas un ensoleillement équivalent à celui du Sud de la France. Il en est de même des températures. La normale d’un mois de juillet est de 17,1°C et cette année on a eu 17,2°C.  On ne peut pas vraiment dire qu’il fut froid. Et c’est nettement plus que le mois de juillet de 1841 au cours duquel le température moyenne fut de 13,4°C. Évidemment, nous sommes loin de ce qu’on a connu l’année passée. La température moyenne fut élevée, avec 23,0°C ce fut le mois le plus chaud jamais observé à Uccle depuis 1833. Il fut également largement ensoleillé et peu pluvieux. Ce mois très exceptionnel n’est pas du tout une référence pour notre climat belge. Et même, peut-on dire que ce fut un beau mois ? Pour beaucoup il fut trop chaud et on a du faire de nombreuses alertes à la canicule.
    Non, décidément un été pourri est normal dans notre pays. Et ce sera très difficile d’admettre que le beau temps, même s’il se produit régulièrement dans notre pays, n’est pas la norme.

  • Météo maussade

    Pour le fun je remets cet article publié en 2004. Il est à comparer avec ce mois de juillet décrit dans l'article de J.C. M.:

    http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=362125 

    Une météo belge, ni plus ni moins
    G.T.

    Mis en ligne le 16/07/2004
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    Bien qu'un peu humide, le climat en ce début juillet est tout à fait dans les normes.

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    ALEXIS HAULOT

    Ceux qui pensent que le début de ce mois de juillet est décidément anormalement gris ont tout faux. «Les gens s'imaginent que notre climat est ensoleillé; or, ce n'est pas du tout le cas, répète non sans une certaine lassitude Marc Vandiepenbeeck, climatologue à l'Institut royal météorologique. Le climat de la Belgique est un climat maritime tempéré humide. Avoir un été pourri est donc normal dans notre pays.»

    Ainsi, explique le climatologue, la météo du mois de juin a-t-elle été tout à fait normale tant sur le plan des températures, des précipitations que du vent ou de l'ensoleillement. De même, les dix premiers jours de ce mois de juillet n'ont rien de particulièrement exceptionnel. «Sur le plan des températures, pour les dix premiers jours de juillet, on considère qu'il fait anormalement froid si la moyenne se situe en dessous de 15,2° et anormalement chaud au-delà de 19,1°. Or, la moyenne enregistrée pour cette première décade est de 15,4°. C'est donc tout à fait normal.»

    En ce qui concerne les précipitations, Marc Vandiepenbeeck souligne tout d'abord que, contrairement à l'impression que l'on pourrait avoir, il n'a pas plu tous les jours en ce début juillet. «Seule la journée du 7 a été franchement humide puisqu'il est tombé ce jour-là 21,1 litres d'eau au mètre carré.

    Pour le reste, il est tombé 55,7 litres d'eau entre le 1er et le 10 juillet, ce qui est considéré comme anormalement excédentaire, mais cela n'a rien de vraiment exceptionnel. On retrouve de tels niveaux en moyenne tous les 6 ans; il avait, par exemple, davantage plu en 2002.» Même remarque sur le plan de l'ensoleillement. Avec presque 52 heures de soleil durant cette première décade, on reste là encore tout à fait dans les normes. Sans doute notre perception du climat est-elle déboussolée par le très bel été que nous avons connu en 2003.

    Quant aux prévisions à venir, rien de neuf ne s'annonce vraiment sous le soleil... Si ce vendredi devrait quelque peu réchauffer les coeurs, les jours suivants devraient se décliner entre nébulosité variable et risque d'averses

  • Orages ! Oh désespoir !

    La semaine passée Tournai a été sous eau. Ce n’est pas la première fois : les orages avaient fait des dégâts analogues la nuit du 13 au 14 juin 2006 (voir http://www.acara.be/mvdpb/index.php?option=com_content&task=view&id=77&Itemid=204). Le Pays de Galles, le Gloucester et la région londonienne ont également subi des précipitations diluviennes.

    db36994df2e78a8a044fb25d99f84d3c.jpgLes orages sont très souvent accompagnés de dégâts. Une statistique établie au début des années 80 par R. Sneyers montre qu’en Belgique un orage sur trois est accompagné de dégâts.

    Ils peuvent être de quatre sortes : les inondations, le vent, la grêle et les coups de foudre.

    L’orage se forme dans un cumulonimbus. C’est un nuage à très grandes extension verticale : jusqu’à 15 km de haut. De ce fait il peut contenir énormément d’eau. Les pluies peuvent être localement très intenses et les litres d’eau qui tombent en un court laps de temps peut faire monter très rapidement le niveau d’eau dans les rues et les champs.

    L’orage se forme là où deux masses d’air ont des températures fort différentes. Il en résulte des mouvements d’air très violents. Cela peut donner au sol des rafales très intenses : on l’a vu avec des conteneurs renversés dans le port d’Anvers.

    Les mouvements dans le nuage peuvent amener des gouttes d’eau au-delà de l’isotherme de zéro degré. La goutte gèle et forme le grêlon. Dans certains cas, ils peuvent faire plusieurs fois la montée et la descente dans le nuage et à chaque passage inférieur, il capte de l’eau qui va geler à un niveau plus élevé. C’est ainsi que les grêlons peuvent atteindre une taille d’œuf de poule voire d’une balle de tennis.

    Finalement, la foudre peut aussi causer des dégâts quand elle touche le sol ou une habitation. Le plus souvent il s’agit d’électrocution. Ce sont les animaux à quatre pattes qui sont le plus souvent victimes de ce phénomène. Quand l’éclair touche un bâtiment, il peut y provoquer un incendie.

    Comme en Belgique, il y a en moyenne 80 jours d’orages par an, le risque d’observer des dégâts de ces types au cours d’une année est hélas une certitude.

    Un dernier conseil, débranchez vos appareils électriques : un coup de foudre peut les endommager via le réseau électrique ou le câble de télédistribution.  

     

  • Une vérité qui dérange.

    À l’occasion du printemps des sciences, j’ai été invité à assister au film « Une vérité qui dérange » de David Guggenheim avec Al Gore. Le film a été suivi par un débat au cours duquel les élèves qui y ont assisté ont pu poser des questions. Vu le nombre important de questions posées (par écrit), il n’a pas été possible d’y répondre à toutes d’entre eux.
    Au cours des prochains jours, je vais tenter de répondre à ces questions restées non traitées
    Voici les deux premières :
    - « Y a-t-il des conséquences du réchauffement climatique pour nous ? »
    - « Est-ce que nos forêts de Wallonie sont menacées ? Quelles conséquences aura le réchauffement en Belgique ? Dans combien de temps ? »
    medium_ttan.2.jpgOn a des données des températures à Bruxelles-Uccle depuis 1833. depuis lors (voir graphique) on a observé deux sauts dans les températures moyennes annuelles. Le premier se situe en 1910. Des études ont montré qu’on observe un saut analogue dans la plupart des stations d’Europe de l’Ouest, alors qu’à l’Est et dans le bassin méditerranéen, aucun changement significatif n’est observé. Un second saut s’est produit en 1988. Ce saut correspond au début de réchauffement global de la Terre qui se commence en 1983. Le retard entre l’Europe de l’Ouest vis à vis du réchauffement global est dû à trois hivers relativement rigoureux dans nos régions.

    medium_data_zav_fr.jpgLa conséquence la plus visible du réchauffement est le changement dans les fréquences des vagues de chaleur. Une vague de chaleur est définie, du point de vue climatologique, comme une période d’au moins 5 jours consécutifs avec une température maximale de plus de 25°C et qui comporte au moins 3 jours avec plus de 30°C. Sur base de ce critère, on observe entre 1954 et 1987, une fréquence d’une vague de chaleur tous les 10 ans. Après 1987, on constate que cette fréquence a nettement changé car elle est passée à une vague de chaleur en moyenne par an. On a même connu des années avec deux vagues de chaleur comme 2006 par exemple. La vente des systèmes de climatisation a explosé ces dernières années.
    Les hivers sont plus doux. Cela entraîne un enneigement moins important. Les possibilités de pouvoir pratiquer les sports d’hiver ont nettement diminué. Si cette situation présente des désagréments pour ceux qui vivent de ces activités, elle présente en revanche des avantages comme une diminution d’énergie pour se chauffer et un salage nettement moins important des routes.
    Je ne peux vous décrire les changements au niveau faune et flore car ce n’est pas de mon ressort, mais le GIEC qui s’est réuni à Bruxelles montre clairement que le réchauffement climatique a et aura des conséquences sur la nature dans un futur plus ou moins proche.